Dernier communiqué (19/08/2009)

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Comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-Pascal Couraud.

19 août 2009

A l'attention des amis, membres et sympathisants,

Bonjour à tous,

Plusieurs mois se sont écoulés depuis notre dernier communiqué du début d'année 2209 car il était nécessaire de laisser l'enquête se poursuivre afin de nous permettre de cerner un peu plus la réalité des faits liés à la disparition de Jean-Pascal Couraud.

Plusieurs organes de presse ont déjà relaté de leur côté certains des derniers éléments issus de cette enquête. Nous vous transmettons ci-dessous notre propre analyse et vision des choses, qui se précisent au fur et à mesure des informations nouvelles portées à notre connaissance.

Le juge nous a confirmé quant à lui, que la piste d'une disparition d'origine criminelle retenait de plus en plus l'attention des enquêteurs. Aussi, avec la confirmation d’un mobile véritable, il nous paraît raisonnable d’espérer des nouveaux signes concrets d'une avancée de l'enquête avant la fin de l'année 2009.

1 - Concernant le document retrouvé au domicile de Gaston Flosse, relatant l’assassinat de Jean-Pascal Couraud:

Nous disposons désormais de témoignages plus précis sur l'origine du document écrit trouvé chez Gaston Flosse en septembre 2008, dont il a affirmé ne pas savoir comment il était arrivé dans le tiroir de son bureau. Ce document, rédigé sous la forme d'un « faux testament » d'une personne décédée dans des conditions troubles, relatait précisément les conditions d'un interrogatoire à l'issue duquel Jean-Pascal Couraud aurait été tué. Les personnes nommées sont des agents de l’administration polynésienne, qui étaient placés en 1997 sous l'autorité de membres du cabinet de Gaston Flosse, issues de la DGSE.

L'auteur du « faux testament » a déclaré au juge avoir écrit ce document à partir d'éléments recueillis auprès des proches collègues des personnes mises en cause dans ce récit d’assassinat. Il affirme avoir rencontré Gaston Flosse chez lui et avoir tenu une discussion avec lui à ce sujet en début d'année 2007. Cette discussion est confirmée par un témoin.

2 - Concernant ce qui constitue le mobile d'une disparition d'origine criminelle

Il est bien établi désormais que, Jean-Pascal Couraud, à l'époque de sa disparition, avait de véritables relations de travail avec son avocat JD Desarcis, et disposait à travers lui de diverses informations à propos d’affaires juridiques impliquant Gaston Flosse. Cet avocat était notamment dépositaire d'informations venant de dossiers d'enquêtes réalisés par des gendarmes, notamment l'enquête réalisée suite à une fausse déclaration de patrimoine effectuée en milieu des années 90.

Bien au courant de cette situation, les services de la la Présidence du gouvernement avaient ainsi organisé en août 1997 un faux cambriolage du domicile de maître Desarcis, et avaient pu prendre connaissance de l'intégralité des dossiers qui pouvaient inquiéter Gaston Flosse.

Parmi ceux-ci, une note de 14 pages qui retraçait différentes affaires de corruption qui étaient susceptibles de porter préjudice à Gaston Flosse, certaines mentionnant le nom de Jacques Chirac. Selon un témoin à l'origine du cambriolage, Gaston Flosse avait reconnu, surpris, que tout ce qui était écrit dans cette note était exact.

Aujourd'hui, après les déclarations du général Rondot et les investigations qui se poursuivent autour la DGSE à propos d'un compte japonais de Chirac, l'actualité judiciaire en Polynésie française, avec ses mises en examen, mises en détention provisoire et aveux divers, apporte cette fois une véritable preuve de l'exactitude de certaines des affaires mentionnées dans cette note.

Ainsi, le versement de pots de vin mensuels par Hubert Haddad, homme d’affaires actuellement placé en détention provisoire y est explicitement mentionné. Selon la presse polynésienne, ces faits ont été reconnu par Hubert Haddad qui a par ailleurs déclaré au juge en août 2009, qu'il agissait effectivement comme d’autres hommes d’affaires polynésiens, ce qui est également indiqué et précisé dans cette fameuse note.

Mais à l’époque, grâce au contrôle qu'il était parvenu à exercer sur le fonctionnement de la justice, le système Flosse parvenait à étouffer toutes ces affaires, connues pourtant des services de l’Etat dés le milieu des années 1990. Or en 1997, Jean-Pascal Couraud disposait de toutes ces informations restées à l’époque confidentielles. Il avait la réputation d'être incontrôlable et son activisme inquiétait. Il présentait un réel danger pour le bon fonctionnement de tout ce système. Une filature rapprochée avait donc été mise en place autour de Jean-Pascal Couraud par des agents de la Présidence du gouvernement qui le suivaient et rendaient compte de ses déplacements, ceci pendant plusieurs semaines jusqu'au jour de sa disparition.

Selon des informations non confirmées devant les enquêteurs, une décision de l'interroger aurait alors été prise afin d'en savoir plus et "lui faire peur". Jean-Pascal Couraud serait donc décédé, noyé en mer, à l'issue de cet interrogatoire, qui aurait d’abord été mené en fin d'aprèsmidi 15 décembre 1997 dans les locaux de la flottille administrative, puis repris dans la soirée.

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Nous tenons à nouveau à vous remercier pour votre soutien tout au long de ces cinq dernières années. Nous mesurons tout le chemin parcouru qui nous permet aujourd’hui d’approcher la vérité quant à l’origine de la disparition de Jean-Pascal, même si nous sommes toujours dans l’attente des conclusions d’une instruction judiciaire que nous espérons proche.

Nous vous informons par ailleurs de la tenue de l’assemblée générale annuelle du comité de soutien durant la première quinzaine de septembre 2009. La date et le lieu précis de la réunion vous seront prochainement communiqués.