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Pourquoi avoir créé un comité de soutien
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La Une du numéro spécial des Nouvelles saisi sur décision de justice Télécharger le numéro spécial dans son intégralité Les commentaires de Florian Aguillon, secrétaire de rédaction des Nouvelles en avril 1988
10 juin 2008
Chers amis, membres et sympathisants du comité de soutien,
Saisies de documents à la DGSE et chez Maître Weil, avocat de Jacques
Chirac
Nous vous transmettons ci-joint une dépêche de l’agence Reuter qui vous permettra si nécessaire, de prendre connaissance des dernières avancées de l’enquête conduite par le juge Redonnet qui a procédé les 4 et 5 juin 2008 à Paris, à deux perquisitions, l’une à la DGSE où 17 documents ont été saisis et placés sous scellés et l’autre chez Maître Weil, avocat de Jacques Chirac, où là aussi, un document émanant de la TOKYO SOWA BANK a été saisi pour être versé au dossier. Tel
qu’indiqué dans le communiqué de presse que le Comité de soutien vient de
faire parvenir aux medias, la famille de Jean-Pascal Couraud tient à marquer
sa satisfaction face à une initiative effectuée dans le but de faire
progresser l’enquête ouverte suite à sa plainte déposée en décembre 2004. Mais au
delà de ces supposés comptes bancaires tant cités, et alors que le juge
d’instruction s’intéresse désormais aux informations détenues par la DGSE,
la famille de Jean-pascal Couraud affirme qu’il faut aussi s’interroger sur
les motifs qui ont poussé un agent de la DGSE mis à disposition de la présidence du
gouvernement polynésien, à organiser en novembre 1997 une filature
rapprochée de Jean-Pascal Couraud en s’appuyant sur le personnel des
services de l’administration polynésienne. Cette filature qui a fait l’objet
de plusieurs procès-verbaux d’audition, s’est terminée au bout d’environ six
semaines, avec le constat de la disparition tragique que l’on connaît (voir
le document « JPK et le compte japonais » publié sur notre site
www.soutienjpk.org). Nous
pensons que dans les pièces saisies, se trouvent peut-être des éléments
utiles pour apporter une réponse à toutes les questions que la famille se
pose encore aujourd’hui quant à la vérité sur cette disparition.
Nous
continuons par ailleurs tout naturellement à apporter notre pleine et
entière collaboration à la poursuite d’une enquête qui se poursuit également
en Polynésie française avec des auditions et confrontations de diverses
personnes impliquées d’une manière ou d’une autre dans ce dossier. Nous signalons pour finir la diffusion sur France 3, le 20 juin 2008 à 23H25, de l’émission « Pièce à conviction » consacré à l’affaire JPK. Cette émission sera retransmise en Polynésie française sur la chaîne Tempo le dimanche 22 juin à 21H30. Meilleures salutations
Papeete le 28 avril 2008
A tous les amis et sympathisants du comité de soutien,
Perquisition nocturne aux Nouvelles et saisie du numéro spécial consacré à Gaston Flosse C’était il y a vingt ans, hommage à Jean-Pascal Couraud,
Il y a aujourd’hui 20 ans, toute la Polynésie s’indignait de ce qui s’était passé ce 27 avril 1988 : Gaston Flosse avait demandé et obtenu des juges Rolland et Reau statuant en référé, l’autorisation, non seulement de saisir tous les exemplaires d’un numéro spécial des Nouvelles intitulé « Le règne calamiteux de Gaston Flosse », mais encore de « perquisitionner les lieux publics et privés en dehors des heures légales, faire fouiller les sacs postaux à l’OPT, faire retarder le départ du courrier pour la Métropole » (cf. le numéro des Nouvelles du 28 avril 1988). Après que les Nouvelles aient refusé une première fois la perquisition tentée en fin de journée du 27 avril 1988, la force publique était réquisitionnée par le Haut-Commissaire Pierre Angeli, et des policiers, conduits par le commissaire Agnese, se rendaient aux Nouvelles en pleine nuit, à 23h30 (un cas resté unique sous la cinquième république) pour finalement ne récupérer que trois numéros oubliés dans un coin de l’imprimerie, puisque la totalité des exemplaires avait finalement pu être distribuée. Ce numéro spécial de 28 pages avait été réalisé avec l’appui de toute l’équipe des Nouvelles à partir d’une idée de Jean-Pascal Couraud, 27 ans à l’époque, qui en était depuis 2 ans le rédacteur en chef. Quelques jours après la parution de ce numéro, Jean-Pascal Couraud fut licencié avec effet immédiat par le propriétaire du journal, un riche homme d’affaire polynésien qui avait finit par céder à diverses pressions. Lucien Maillard, le rédacteur en chef qui avait précédé Jean-Pascal, avait été licencié dans les mêmes conditions en 1986 car son indépendance et sa force de caractère déplaisaient. Connaissant et admirant ses qualités professionnelles, c’est Lucien Maillard qui posa comme une des conditions de son départ, la nomination de Jean-Pascal, qu’il considérait comme un fils spirituel, au poste de rédacteur en chef des Nouvelles. En avril 1988, au moment de la parution de ce numéro spécial qui lui est consacré, Gaston Flosse, est alors secrétaire d’Etat chargé du Pacifique Sud. Il soutient avec force Jacques Chirac dans la campagne pour les élections présidentielles du mois de mai remportées par François Mitterand. Lors des élections législatives qui suivront quelques semaines après cette élection, Alexandre Léontieff et Emile Vernaudon deviendront députés de la Polynésie française. La défaite de Gaston Flosse face à Emile Vernaudon fut perçue comme une surprise par la plupart des observateurs politiques de l’époque. Mais trois ans plus tard, après les élections territoriales de 1991, Emile Vernaudon et Gaston Flosse s’allieront contre AlexandreLéontieff pour former une majorité de gouvernement. Gaston Flosse restera alors sans discontinuer au poste de président de la Polynésie française pendant 13 ans, jusqu’en mai 2004. Ce numéro spécial des Nouvelles ne réunissait que 28 pages d’articles déjà écrits dans la presse locale ou nationale. Parmi ceux-ci, un seul article d’Allain Rollat, journaliste au Monde intitulé « Jeu de massacre à la tahitienne » et daté de juin 1987, avait précédemment été jugé diffamatoire. La partie diffamatoire de cet article avait été masquée par le titre « CENSURE ». D’autres articles avaient suscité des droits de réponse. Le numéro ne contenait absolument aucun élément portant atteinte à l’intimité de la vie privée, motif généralement invoqué pour procéder à une saisie. Seul l’éditorial, aux propos particulièrement incisifs et virulents intitulé « Plus jamais ça ! » était une production nouvelle du numéro. Extrait du jugement ayant justifié aux yeux du juge la saisie du numéro dans des conditions si exceptionnelles : «Attendu que le numéro (...) comporte 28 pages exclusivement consacrées au requérant, que de nombreux articles polémiques revêtent un caractère injurieux et grossier, portant atteinte à la réputation du requérant ; » «Qu’en l’espèce, le trouble manifestement illicite résulte de la publication d’articles diffamatoires ayant fait l’objet de condamnations pénales ou ayant engendré un précédent droit de réponse censuré dans cette publication spéciale ; Que la publication de très nombreux articles sur vingt huit pages d’un quotidien au ton pour le moins injurieux et manifestant une intention de nuire à la considération et à l’honneur du requérant, engendre pour celui-ci une atteinte intolérable à sa réputation, dont le caractère serait pratiquement irréparable par la simple allocation de dommages et intérêts ; (…) Attendu qu’il y a urgence à prendre toute mesures pour faire cesser un trouble illicite et empêcher que le dommage subi par le requérant ne devienne irréparable ; » Les Nouvelles racontent également qu’au soir du 27 avril, Gaston Flosse, bousculant tous les usages, s’imposa au journal télévisé donnant à tous les spectateurs médusés l’image d’un homme surexcité, ayant perdu le sens de la mesure, ne se maîtrisant plus, s’exclamant : « on veut m’abattre politiquement, et ajoutant « en mettant un doigt sur sa tempe comme pour y appuyer un revolver. Certains souhaiteraient même davantage ». Cette intervention en direct au journal télévisé a soulevé stupeur et indignation de toutes parts et de tous bords : Jean-Marius Raapoto, Emile Vernaudon, Hiro Tefarere pour A tia i mua, Peni Atger, le sénateur de l’époque, Daniel Millaud, Alexandre Léontieff, Maco Tevane n’ont pas hésité à porter des jugements sévères sur le secrétaire d’état, « se révélant mégalomane », « apparaissant comme apprenti dictateur », bafouant les valeurs traditionnelles de la République » projetant brutalement la Polynésie « dans une civilisation digne de toutes les républiques bananières de notre planète ». Après ce licenciement en mai 1988, Jean-Pascal Couraud est rapidement engagé par Alexandre Léontieff, alors Président du gouvernement, à son service de presse. En mars 1991, il reprendra pendant quelques mois un travail journalistique dans la radio et le bulletin du « Te Tiarama », parti politique créé par Alexandre Léontieff. Mais surtout, tout en étant chargé de la communication de Boris Léontieff à la mairie d’Arue de 1992 jusqu’à sa disparition en décembre 1997, il continuera à conduire des investigations sur la vie politique locale, et à mener des batailles juridiques contre Gaston Flosse. Par devoir pour ses lecteurs, par respect pour son métier et par conviction personnelle, Jean-Pascal COURAUD n'aurait pas supporté de devenir un journaliste muselé. A partir de Mai 1988 -- il n'avait alors que 28 ans -- plus aucun article signé JPK n'est paru dans un quotidien local. Son activité journalistique a néanmoins continué, en collaboration avec certains médias nationaux tels : LA CROIX, MARIANNE, LE CANARD ENCHAÎNE et LE MONDE. Il ne cessa jusqu'à sa mort -- à 37 ans -- de dénoncer avec courage ce que l'on appelle communément aujourd'hui "le système Flosse". En hommage à Jean-Pascal, nous invitons ceux qui le désirent, sur le site du Comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, www.soutienjpk.org.. Ils pourront y lire et certainement apprécier l’éditorial intitulé « Plus jamais ça », publié en une de ce numéro spécial. Son style, son rythme et son contenu sont typiques des éditoriaux politiques qu’il aimait écrire. A la lumière de l’actualité des vingt dernières années et jusqu’à ces tout derniers jours encore, chacun pourra mesurer combien, dans de nombreux domaines, ses réflexions d’alors étaient prémonitoires. Certaines d’entre-elles se sont de plus probablement cruellement vérifiées à son détriment.
Les commentaires de Florian Aguillon, secrétaire de rédaction des Nouvelles en avril 1988
Je voudrais
apporter, si vous le permettez, quelques précisions à votre texte relatif au
numéro spécial sur gaston Flosse. Vous dites que toute l'équipe des
Nouvelles s'était mobilisée pour réaliser ce numéro. Vous pensez sans doute
aux journalistes de la rédaction. Je comprends bien que dans l'esprit des
gens qui s'intéressent au sujet, les Nouvelles de la période 85 - 88 reste
une belle offensive journalistique contre le pouvoir en place. Hélas, dans
les faits, la réalité est un peu différente. Dans une rédaction, les
sensibilités varient selon les individus, c'est normal. Aux Nouvelles,
Lucien Maillard avait donné le ton. Après son départ, Jean Pascal avait
repris le flambeau de la rigueur journalistique et humaniste, mais on
trouvait aussi, à côté, quelques types très à droite et d'autres qui ne
pensaient rien. Malgré cela, il y avait une belle émulation certains soirs
au moment de composer la une. Personne ne voulait se mouiller pour aider
Jean Pascal à faire un numéro spécial sur toutes les casseroles que traînait
Gaston Flosse ( quand vous parlez de journalistes
muselés, n'oublions pas que beaucoup s'autocensurent pour éviter les ennuis
et le licenciement - ceci est valable dans tous les journaux ). Certains
estimaient même qu'il en faisait trop, qu'il s'acharnait inutilement : la
suite lui a donné dramatiquement raison, quand on voit aujourd'hui l'état du
pouvoir à Tahiti. Deux personnes ont travaillé sur ce numéro,Jean
Pascal et moi. J'étais à l'époque secrétaire de rédaction. Je me souviens
d'avoir annulé une semaine de vacances à sa demande : il savait que j'étais
partant pour ce genre de projet. En quelques séances de travail, on a
répertorié tous les articles de presse parus précedemment dans nos colonnes
et en France. En salle de montage, le directeur financier H.H. pâlissait
chaque fois qu'il jetait un oeil sur la maquette : ça sentait le fafaru !
Lui aussi craignait pour son poste. Mais il ne pouvait pas nous interdire de
travailler. Au soir de ce numéro, il y avait carrément deux camps dans la
rédaction, la tension était palpable.
Papeete, le 4 avril 2008
Chers amis, membres et sympathisants du comité de soutien, Nous vous transmettons quelques informations relatives à l’avancée du dossier d’enquête. L’instruction a repris sous l’autorité du nouveau juge Jean-François REDONNET Le juge STELMACH qui comptait clore l’enquête en fin d’année 2007 et prononcer un non lieu ayant été dessaisi, l’enquête a repris sous la direction d’un nouveau juge d’instruction. Celui-ci nous a reçu le 25 février 2008 et nous avons pu à cette occasion expliquer notre position et indiquer les différentes pistes qui nécessitaient selon nous d’être approfondies. Malgré l’impression favorable qui s’est dégagée de cette entrevue, une partie des auditions et confrontations demandées par nos avocats a été refusée, nos arguments n’ayant apparemment pas été suffisamment développés. Nous avons donc fait appel de ces refus et pensons qu’une argumentation plus complète devrait nous donner satisfaction et permettre que ces auditions et confrontations soient réalisées. Les juges parisiens décident d’attendre les résultats de l’enquête en cours avant de rejuger Vetea Guilloux sur les faits de dénonciation mensongère et calomnieuse Au début du mois de mars, nous avons appris avec beaucoup de satisfaction que les juges parisiens, qui intervenaient après que la condamnation prononcée par le tribunal de Papeete ait été cassée, avaient tout naturellement repoussé l’examen du dossier de plainte déposé contre Vetea Guilloux pour dénonciation mensongère et calomnieuse, dans l’attente des résultats de l’enquête en cours sur la disparition de Jean-Pascal Couraud. Il faut se souvenir qu’en octobre 2004, dans cette même affaire, Vetea Guilloux avait été mis immédiatement en prison après avoir été jugé en comparution immédiate. Le versement dans le dossier des documents saisis chez le général Rondot, susceptibles de se rapporter à des mouvements financiers de la Polynésie française vers le Japon n’a pas encore été effectué par les juges D’huys et Pons, les inspecteurs de la brigade financière parisienne n’ayant pas encore terminé les investigations qui leur ont été confiées sur ce point. Le livre rédigé par Nicolas Beau et Olivier Toscer sur les liens que Jacques Chirac entretenait avec le Japon est sorti le 20 mars à Paris. Selon un des auteurs, le volet pouvant concerner la Polynésie a été simplement mentionné mais n’a pas fait l’objet d’autres développement, faute pour le moment d’éléments tangibles. Le juge REDONNET a néanmoins demandé que ce livre soit versé au dossier d’enquête. Nous vous transmettons par ailleurs en pièces jointe un exposé précis des éléments à notre disposition nous ayant conduit à penser que les informations dont aurait disposé Jean-Pascal sur de tels transferts auraient pu constituer le mobile d’un assassinat.
Nous vous transmettons ci-joint l’article du journal « Le Monde » (page 1 et page 2) paru dans l’édition du 18 janvier 2008 consacré à l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal Couraud. Cet article représente un apport considérable à notre démarche de médiatisation. Par ailleurs, en évoquant cette affaire une semaine avant des échéances électorales importantes en Polynésie française, et en effectuant une mise en relation avec des pratiques illégales et malsaines instaurées sous les gouvernements Flosse, cet article du « Monde » redonne à la disparition de Jean-Pascal un véritable sens politique et prolonge d’une certaine manière les combats qu’il menait à l’époque, ce que ses amis et ses proches perçoivent comme un hommage véritable à son égard. Notre satisfaction est malheureusement affectée par la fait que Gérard DARVET, auteur de l’article, a présenté à ses lecteurs une image tronquée de cette affaire, c'est-à-dire, du notre point de vue, une image fausse. Venant d’un journal de référence comme « Le Monde », ceci en a choqué plusieurs d’entre vous. C’est donc une version très soft du dossier, un peu éloignée de la réalité de la procédure en cours, qui est présentée dans cet article. Le ton a par ailleurs déplu à certains. Nous vous transmettons ci-joint quelques unes des réactions que cet article a suscitées, car elles complètent utilement la lecture de l’article lui-même. De même, l’article de Rue 89 publié dans son édition numérique du 19 janvier apporte un tout autre éclairage au témoignage de Jean-Dominique Des Arcis. Merci de votre soutien à tous,
Philippe Couraud
Chers amis, membres et sympathisants du comité de soutien,
Nous nous sommes retrouvés ce samedi 15 décembre 2007 vers 16 heures au cimetière de la Pointe des pêcheurs à Punaauia pour rendre hommage à la mémoire de Jean-Pascal Couraud, disparu depuis maintenant dix ans. Deux textes et un poème de Prévert, le miroir brisé, ont été lus ; nous avons aussi chanté et prié dans une ambiance chaleureuse, avec le souvenir de Jean-Pascal bien présent dans nos esprit. Nous vous transmettons ci-joint les deux textes lus ce jour là, l’un écrit par Lucien Maillard, ancien rédacteur en chef des Nouvelles qui avait connu Jean-Pascal avant qu’il ne devienne lui-même rédacteur en chef. Lucien voue une admiration profonde et sincère pour Jean-Pascal et nous a souvent signalé ses qualités professionnelles. L’autre texte est constitué d’extraits d’un éditorial écrit dans un numéro spécial des Nouvelles consacré à Gaston Flosse, publié en avril 1988. Ne contenant presque que des articles déjà publiés dans la presse locale ou nationale, ce numéro avait toutefois été saisi une dizaine d’heures après sa parution, alors même que tous les exemplaires avaient déjà été vendus, sur la base d’un jugement en référé autorisant la perquisition des lieux publics et privés, y compris en dehors des heures légales. Le titre de l’éditorial « Jamais, plus jamais ça » et le sujet qu’il aborde, le problème de la mémoire en politique, nous ont semblé pouvoir être repris à l’identique 20 ans après. La copie de la une de ce numéro spécial comprenant l’intégralité de cet éditorial vous est également transmis pour info et sera consultable sur le site du comité de soutien.
Perquisition chez Jean-Dominique Des Arcis L’avocat de Jean-Pascal Couraud était interrogé par le juge Redonnet lundi 17 décembre 2007 au matin afin de lui faire préciser ses déclarations relatives aux informations sensibles que Jean-Pascal Couraud détenait et qui auraient pu être à l’origine de sa disparition. Suite à cette audition, une perquisition a été effectuée à la demande du procureur de la république Jean Bianconi aux deux domiciles de l’avocat à Papeete et à Raiatea ainsi que dans ses bureaux afin de rechercher des documents qui auraient pu concerner les mouvements financiers évoqués par l’avocat au profit de Jacques Chirac. Parmi les documents saisis figurent également les notes personnelles de l’avocat sur le dossier, des échanges de courrier avec la famille de JPK et les documents de travail qu’il possédait concernant l’enquête en cours sur la disparition de Jean-pascal Couraud.
Papeete, le 21 novembre 2007 A tous les amis, membres et sympathisants du Comité de soutien,
La Chambre de l'instruction vient de rendre son jugement donnant satisfaction aux deux demandes de la famille de Jean-Pascal Couraud La première décision concerne l’accord de la Chambre de l’instruction pour que soient versées au dossier les pièces saisies chez le général Rondot se rapportant au compte japonais ; il s’agit pour nous de pouvoir nous assurer de la véracité des transferts financiers entre la Polynésie vers ce compte japonais et établir ainsi la réalité du danger que Jean-Pascal courrait en possédant ce type d’informations en milieu d’année 1997. Sachant les liens qui existaient entre la DGSE et les personnes qui supervisaient la filature de Jean-Pascal au moment de sa disparition, il serait utile de réunir le maximum d’information en provenance de la DGSE au sujet de la Polynésie française et de ce compte japonais. La deuxième décision concerne le dessaisissement du juge Stelmach et la désignation d'un autre juge pour poursuivre l’instruction du dossier ; sans revenir sur les motifs de notre demande, cette décision a été prise car il était devenu trop évident que l’instruction n’était pas conduite en toute objectivité. Nous espérons désormais pouvoir nous entretenir assez rapidement avec le nouveau juge d’instruction du fonds du dossier, de ce qu’il contient et de ce qu’il laisse supposer à ce stade de l’enquête. Avec cette désignation, s’ouvre à nouveau la possibilité de poursuivre l’enquête, ce qui s’avérait tout à fait nécessaire compte tenu d’un ensemble de présomptions convergentes mises en évidence par les premières auditions. Une réponse du chef de cabinet de Rachida Dati Suite à un courrier que Françoise Dreuilhe, la mère de Jean-Pascal Couraud, avait envoyé à Madame Rachida DATI (ministre de la justice) vers la fin du mois de septembre 2007, le Chef de cabinet du ministre nous a adressé une réponse dans laquelle il nous fait part du soutien du ministre face à de tels évènement dramatiques et nous informe qu’un examen attentif du dossier est en cours par la direction des affaires criminelles et des grâces auprès de qui un entretien devrait être sollicité. L’émission interception du 16 décembre, diffusée sur France Inter à 9h15 sera consacrée à l’affaire JPK (retransmise en direct sur RFO). Benoît Collombat, grand reporter à France Inter, auteur d’un livre sur l’affaire Boulin publié en début d’année 2007, vient de quitter Tahiti après avoir réalisé un reportage d’environ une heure qui sera diffusé le 16 décembre 2007 dans l’émission « Interception ». RFO diffusant France inter en direct pendant la nuit, cette émission devrait pouvoir être facilement écoutée à Tahiti au même moment, le samedi 15 décembre à 22h15, jour du dixième anniversaire de cette disparition. Elle pourra être aussi écoutée sur le site Internet de France Inter et sera mis à disposition sur le site www.soutienjpk.org. Notre assemblée générale annuelle se tiendra le 11 décembre 2007 à l’hôtel Sheraton à Faaa Une convocation sera également effectuée par voie de presse et sera confirmée ultérieurement par courrier électronique. Ce sera l’occasion bien sûr de faire un point plus précis sur l’enquête. Vous remerciant de votre soutien à tous, Philippe Couraud
Papeete, le 19 octobre 2007
Les éléments déjà recueillis montrent que l’enquête doit être poursuivie Comme indiqué dans notre dernier communiqué du mois de septembre 2007, nous avons pris connaissance ces dernières semaines du dossier d’enquête que le juge d’instruction Philippe Stelmach se propose de clore en l’état. Comme nous nous y attendions, la lecture du dossier d’instruction montre bien au contraire la réelle nécessité de poursuivre l’enquête. Les principaux éléments sur lesquels se fonde un tel constat sont les suivants : 1- Les nombreuses contradictions et mensonges avérés de certains proches de Jean-Pascal Couraud sur le déroulement précis de la dernière soirée passée à son domicile : leur mise en évidence lors des gardes à vue réalisées en début d’année 2007 nécessite de nouvelles investigations susceptibles fournir des éléments utiles à la manifestation de la vérité. 2- L’existence d’une dizaine de témoins, qui viennent confirmer partiellement ou totalement, les déclarations de Vetea Guilloux, dont un témoignage précis provenant d’un gendarme. 3- Les déclarations de l’avocat de Jean-Pascal Couraud qui mentionne un mobile possible pour un assassinat ; ces déclarations doivent être examinées en relation avec la mise à jour de la surveillance et de la filature qui étaient réalisées sur la personne de Jean-Pascal Couraud au moment de sa disparition, par les membres de la cellule d’espionnage de la flottille administrative, dirigée par des agents issus de la DGSE, travaillant pour la Présidence du gouvernement de la Polynésie française.
Notre demande de transmission des pièces saisies chez le général Rondot examinée le 23 octobre 2007 devant la chambre de l’instruction En effet, la demande de transmission dans notre dossier des pièces saisies chez le général RONDOT se rapportant au compte japonais de Jacques Chirac, élément qui aurait pu constituer le mobile d’un interrogatoire de Jean-Pascal par la flottille administrative, nous a été refusé. Nous avons fait appel de ce refus devant la Chambre de l’instruction, qui examinera donc notre demande lors d’une audience fixée le 23 octobre 2007. Outre la présentation de tous les éléments qui justifient une telle demande, nous demanderons également à la Chambre de l’instruction qu’elle se saisisse du dossier afin qu’elle conduise elle-même l’instruction de notre plainte initiale. En effet, le dossier d’enquête montre clairement que le juge Stelmach n’a pas donné la suite qui convient aux divers éléments du dossier d’enquête qui confortent l’hypothèse d’un assassinat. Il avait par ailleurs lui-même demandé à être déchargé de ce dossier en novembre 2006.
L’intérêt des media et le soutien d’une haute personnalité Nous avons relevé l’intérêt grandissant de la presse nationale pour cette affaire au fur et à mesure que la réalité de l’assassinat et son mobile transparaissent de manière évidente à la lecture du dossier d’enquête. Ainsi, après France inter et son émission « Rendez-vous avec X » diffusée au mois de septembre, certains quotidiens de tout premier plan ont annoncé leur intention de donner une réelle importance à ce dossier dans les semaines qui viennent. On note par ailleurs, comme l’a révélé « Le Point » que des magistrats ayant eu à connaître le contenu du dossier au sein du tribunal de Papeete, ont fait part à certains journalistes sous le couvert de l’anonymat de leur conviction quant à cet assassinat. Enfin, au début du mois d’octobre 2007, la mère de Jean-Pascal Couraud a eu un entretien avec une des personnalités les plus respectées du milieu judiciaire. Outre le réconfort apporté, la partie civile a été confortée quant à la justesse de certaines démarches d’ores et déjà engagées. Vous remerciant de votre soutien à tous, Philippe Couraud
Chers amis, membres et sympathisants du Comité de soutien, Depuis notre dernier communiqué du mois de juin 2007, le juge d’instruction a notifié un avis de fin d’instruction le 10 juillet 2007. La partie civile dispose d’un délai de trois mois pour faire connaître son avis sur ce dossier, le cas échéant, solliciter des compléments d’enquête. La famille de Jean-Pascal Couraud vient de prendre un deuxième avocat en la personne de Max Gatti, ancien juge d’instruction au tribunal de Papeete. Le dossier (plus de 1000 pages) a pu être consulté par les avocats. La famille attend encore que la copie du dossier sollicitée par les avocats soit mise à sa disposition afin qu’elle puisse en prendre connaissance dans son intégralité, ce qui est indispensable pour pouvoir en faire une véritable analyse et réagir de manière appropriée. Il est donc encore trop tôt pour vous faire part d’éléments plus précis qui ressortiraient du dossier d’enquête, telle que celle-ci a été conduite.. Toutefois, nous savons que l’avocat qui travaillait avec Jean-Pascal Couraud a confirmé devant le juge les propos qu’il nous avait tenus quant aux informations précises dont disposait Jean-Pascal en 1997, sur les transferts financiers effectués de la Polynésie vers un compte bancaire japonais qui aurait appartenu à Chirac. Sur la base de ce témoignage, nos avocats ont demandé que les pièces saisies chez le général Rondot concernant ce compte japonais soient versées au dossier d’enquête. La famille, partie civile, a par ailleurs adressé un courrier dont vous trouverez copie ci-joint aux juges d’Huy et Pons, en charge de l’affaire Clearstream, afin de signaler les liens possibles entre la DGSE et la disparition de Jean-Pascal Couraud. Celui-ci est suffisamment explicite pour ne pas nécessiter d’autres commentaires.
26 juin 2007 A tous nos amis et sympathisants du comité de soutien,
État d’avancement du dossier
Pièces jointes : Lettre à Garde des sceaux en date du 20 juin 2007 Article Libération du 25 juin 2007
Selon nos sources, les gendarmes auraient terminé leurs investigations liées à la commission rogatoire dont ils avaient été saisie et seraient sur le point de transmettre l’ensemble du dossier au juge d’instruction. Celui-ci vient d’auditionner à notre demande, l’avocat avec lequel travaillait Jean-Pascal Couraud lors de sa disparition. Le juge d’instruction pourrait alors désormais proposer rapidement la clôture de l’instruction et mettre l’ensemble du dossier d’enquête à la disposition de la partie civile. Sans avoir pu établir de preuves formelles d’un assassinat, les enquêteurs laissent transparaître le fait que les auditions effectués ont mis en évidence la réalité des déclarations des personnes accusées par Vetea Guilloux. Dans ces déclarations qui ont été faites à diverses personnes et à diverses reprises, les auteurs des faits expliquent, parfois de manière détaillée, le crime qu’ils ont commis sur la personne de Jean-Pascal Couraud. Nous attendons la transmission des pièces du dossier afin de déterminer si de nouvelles auditions doivent être demandées puisque nous continuons encore à recueillir les déclarations de personnes, ex-salariés du GIP, ayant entendu l’histoire de cet assassinat racontée de manière détaillée par les auteurs eux-mêmes, dans des circonstances diverses. Par ailleurs, selon la presse nationale (voir l’article de Libération ci-joint), les documents saisis dans le cadre de l’affaire Clearstream confirment que l’existence du compte japonais de Chirac était bien un dossier suivi de très près par la DGSE dés 1997. Ainsi, les déclarations faites par l’avocat de Jean-Pascal Couraud, indiquant une implication directe ou indirecte d’agents ou ex-agents de la DGSE dans la disparition de Jean-Pascal Couraud, pourraient s’avérer exactes. Il est ainsi utile de rappeler que les responsables des équipes chargées de la surveillance et de l’espionnage au sein de l’ex-GIP, étaient eux-mêmes des ex-agents de la DGSE. Il a été récemment entendu par le juge d’instruction à notre demande. Dans ce contexte, suivant les conseils de notre avocat, il nous a paru opportun à ce stade du dossier de nous adresser directement à la nouvelle Garde des Sceaux afin de la sensibiliser sur le caractère très particulier de cette affaire, et sur le fort besoin de justice et vérité éprouvé par de nombreux Polynésiens. Copie de ce courrier vous est transmis en pièces jointe. Vous remerciant de votre soutien, Très cordialement Philippe Couraud
12 avril 2007 L’enquête commence à aborder certains points essentiels de l’affaire Au début du mois de décembre 2006, le Comité de soutien avait rendu public un certain nombre de témoignages appuyant la thèse de l’assassinat. D’autres témoignages allant dans le même sens, dont le contenu est détaillé sur le site www.soutienjpk.org, ont été reçus depuis. L’enquête et l’instruction judiciaire sur la disparition de Jean-Pascal Couraud commence (enfin !) à progresser de manière très concrète avec les auditions de tous les témoins demandée par la famille et la garde à vue de certains proches, présents au domicile de Jean-Pascal la nuit de sa disparition. Même si certains procès-verbaux d’audition pouvant revêtir une importance toute particulière n’ont pas encore été mis à disposition de la partie civile, les éléments beaucoup plus précis relatifs au rôle tenu par certains membres de l’ex-GIP dans cette disparition commencent à apparaître dans le dossier. Les concordances existantes entre diverses déclarations de témoins, ont obligé les enquêteurs à prendre en considération les faits relatés et chercher à établir leur véracité, malgré les revirements et dénégations affichés devant le juge. La mise à jour d’un mobile précis Par ailleurs, la famille a reçu un témoignage émanant d’un avocat proche de JPK au moment de sa disparition, qui était lui-même l’objet de très fortes menaces et pressions diverses. Cet avocat a mentionné l’existence d’un dossier très sensible, mettant en cause des personnalités extérieures à la Polynésie, dont Jean-Pascal était un des seuls à connaître l’existence, et qui serait le mobile premier de l’assassinat. En effet, Jean-Pascal Couraud inquiétait considérablement car il était réputé incontrôlable (des tentatives infructueuses avaient déjà été effectuées). Il était peu avant sa disparition un des plaignants dans le dossier sur l’affaire du Tahara’a dans laquelle Gaston Flosse fût finalement condamné en 2006 pour prise illégale d’intérêt. En 1996 – 1997, les ramifications possibles avec plusieurs autres affaires en cours étaient en train d’apparaître . L’activisme de Jean-Pascal Couraud posait effectivement problème. Le détail des éléments révélés à la famille ne peut être rendu public en l’état actuel de la procédure mais ceux-ci cadrent parfaitement avec tous les éléments déjà connus du dossier, et ils sont donc pris aujourd’hui avec le plus grand sérieux. S’ils s’avéraient exacts, toute l’affaire apparaîtrait alors d’une extrême gravité. La famille, plus que jamais, souhaite donc s’entretenir avec le juge afin d’aborder ce sujet en particulier, et de manière plus générale s’informer de la situation de l’enquête judiciaire, selon les droits accordés à la partie civile. Avec la multiplication des témoignages divers reçus depuis ces douze derniers mois, après avoir mis bout à bout et organisé les informations en sa possession, avec de plus la mise à jour d’un mobile, la famille a aujourd’hui une vision plus complète et une meilleure compréhension des évènements et motivations ayant finalement conduits à l’assassinat de Jean-Pascal Couraud en décembre 1997.
Coup bas: Mise à pied de Philippe Couraud
Communiqué à la date du 28 janvier 2007
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COMMUNIQUÉ DE PRESSEVendredi 15 décembre 2006 |
France
neuvième anniversaire de la disparition d’un journaliste d’investigation en Polynésie française : le comité de soutien dénonce l’immobilisme de la justice
Neuf ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud (dit JPK), ancien rédacteur en chef du quotidien Les Nouvelles de Tahiti, l’enquête semble au point mort. Les circonstances de la mort du journaliste, le 15 décembre 1997, n’ont jamais été élucidées. Son comité de soutien dénonce aujourd’hui la lenteur de la justice.
“Nous rejoignons l’appel du comité de soutien et demandons aux autorités judiciaires de Polynésie de ne pas écarter la thèse de l’assassinat de Jean-Pascal Couraud pour ses activités professionnelles. Il faut que tous les témoins qui peuvent contribuer à faire la lumière sur cette affaire soient entendus. La justice doit également tenir la famille du journaliste informée de l’avancée de l’enquête”, a déclaré Reporters sans frontières.
Selon les proches du journaliste, plusieurs témoins clés n’ont pas encore été entendus et, début novembre, le juge d’instruction Philippe Stelmach a demandé à être dessaisi du dossier, risquant de retarder à nouveau l’enquête.
Le 6 décembre 2006, le comité de soutien JPK a organisé une conférence de presse pour faire le point sur l’affaire et rappeler que la thèse de l’assassinat ne fait plus aucun doute. Pour appuyer sa déclaration, il a rendu publics quatre nouveaux témoignages (disponibles sur www.soutienjpk.com) selon lesquels le journaliste aurait été assassiné par des membres de l’ex-GIP (Groupe d’Intervention de Polynésie, service d’ordre personnel de l’ancien président Gaston Flosse).
Jean-Pascal Couraud était un opposant notoire à Gaston Flosse. Il enquêtait sur des affaires politico-financières dont la publication pouvait nuire au Président. Après la disparition du journaliste dans des circonstances mystérieuses, la thèse du suicide a d’abord été retenue. L’enquête a été rouverte en octobre 2004 après le témoignage de Vetea Guilloux, ancien membre du GIP, qui a déclaré avoir assisté à l’assassinat de Jean-Pascal Couraud, perpétré par des membres du service d’ordre de Gaston Flosse. Vetea Guilloux est ensuite revenu sur ses déclarations et a été condamné à douze mois de prison pour dénonciation calomnieuse.
En novembre 2004, le frère du journaliste a créé un comité de soutien pour la réouverture de l’enquête. Le 14 décembre, la famille du journaliste a déposé “plainte contre X” avec constitution de partie civile pour « assassinat » et « complicité ».
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Info
et commentaires à la date du 28 octobre 2006
A tous nos amis membres et sympathisants du comité de soutien,
De nouvelles déclarations
faites au juge d’instruction
Les deux frères de Jean-pascal, Philippe et Olivier Couraud, ont tous deux été entendus séparément le 5 octobre 2006 par le doyen des juges d’instruction du tribunal de Papeete, Monsieur Stelmach. Dans un premier temps, des précisions et explications, ont été fournies quant à l’origine des déclarations du comité de soutien sur le fait que certains magistrats du parquet de Papeete étaient intervenus sciemment afin de perturber le bon déroulement de l’enquête.
Mais cet entretien a surtout été l’occasion de faire part des nouvelles déclarations reçues par la famille faisant état de manière plus précise et circonstanciée des faits déjà mentionnés par Vetea Guilloux, et citant l’identité de personnes qui auraient été des témoins directs de l’enlèvement de Jean-pascal et de son assassinat. La personne à l’origine de ces déclarations nous a indiqué par ailleurs les fortes pressions qu’elle avait subies dans le but de la dissuader de parler. Effectivement, si les propos qui nous sont tenus ne sont pas confirmés auprès de la justice, ceci constituera une difficulté certaine pour la progression de l’enquête.
L’enquête entre dans une nouvelle phase
Néanmoins, nous sommes incontestablement entrés depuis trois semaines environ dans une phase nouvelle avec la multiplication de divers témoignages allant tous dans le sens de la confirmation de l'assassinat de Jean-pascal. Il apparaît que la réalité de cet assassinat était connue de plusieurs personnes qui, par peur de représailles, étaient restées longtemps silencieuses. A l'évidence, les langues se délient aujourd'hui et nous nous attendons à d’autres déclarations au cours des prochaines semaines. Ceci ne fait que confirmer les certitudes que nous avions exprimées dans nos deux derniers communiqués des 4 mai et 2 octobre dernier.
Le suivi du
fonctionnement de l'institution judiciaire
L’avancée de l’enquête et les conditions dans
lesquelles elle est conduite face à ces témoignages que nous relatons au doyen
des juges d'instruction du tribunal de Papeete au fur et à mesure qu'ils nous
parviennent sont plus que jamais des préoccupations essentielles, d’autant
plus que tous les observateurs ne cessent de nous
dire que les retombées politiques de l’enquête seraient trop importantes
pour que celle-ci aboutisse.
Néanmoins, avec vous tous, fort nombreux qui nous soutenez et nous encouragez à poursuivre notre action, nous voulons croire que nous pouvons encore aujourd’hui garder l’espoir que la justice aura la volonté et le courage de se donner les moyens appropriés pour faire aboutir cette enquête, alors même que les principaux auteurs de cet assassinat et leur meneur au moment des faits sont aujourd’hui identifiés avec de plus en plus de certitude.
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Info
et commentaires à la date du 2 octobre 2006
A tous nos amis membres et sympathisants du comité de soutien,
Notre
dernier communiqué remonte à cinq mois environ. Nous y indiquions notre
certitude quant à l’assassinat commis sur la personne de Jean-Pascal COURAUD,
alias JPK, en décembre 1997 par des personnes salariées d’une structure
administrative, très certainement à l’occasion d’un interrogatoire version
commando, qui aurait mal tourné. Cette structure deviendra le GIP, groupement
d’intervention de la Polynésie, quelques mois après.
Notre
volonté de garder une certaine neutralité, nous avait décidé à ne pas vous
signaler et à s’abstenir de commenter les évènements intervenus de mai à
septembre 2006 concernant la reprise en main progressive de l’ex- GIP par le
Ministère de l’équipement, son ministère de tutelle. Les faits nous ont
semblé par ailleurs tout à fait significatifs en eux-mêmes (blocages du port,
grèves illégales, occupations de locaux, agressions physiques, …). Nous
notons aujourd’hui simplement qu’un petit groupe d’agents ont été
licenciés pour fautes lourdes, et que les blocages et occupations des locaux
administratifs ont cessé depuis une dizaine de jours, après plusieurs mois
d’occupation. De l’avis de nombreux observateurs, ce retour à la normale ne
pourra que faciliter la recherche de la vérité auprès des protagonistes
supposés de l’affaire JPK. Par ailleurs, toutes les personnes impliquées par
Vetea Guilloux figureraient parmi les agents licenciés.
Dans
quelques jours, le 5 octobre, un nouveau rendez-vous avec le juge
d’instruction Steimbach a été fixé à la partie civile. Il semblerait que
le juge souhaite surtout entendre directement la partie civile suite à nos précédentes
déclarations relatives aux dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. Ces
accusations s’appuient sur des éléments précis et incontestables qui ont déjà
été ouvertement révélés lors de notre dernier entretien du mois de mai 2006
avec la juge Barruol qui n’avait pas jugé utile d’acter ces déclarations
par un procès-verbal d’audition. Pourtant, trois membres du bureau du comité
de soutien ont été ensuite entendus par la gendarmerie dans le courant du mois
d’août 2006 simplement pour connaître l’origine de ces accusations qui
mettent en cause l’objectivité et le rôle du parquet de Papeete dans ce
dossier.
Aussi,
nous nous permettons d’attirer l’attention de nos amis et sympathisants sur
un article du Canard enchaîné du 27 septembre 2006 intitulé «Le
procureur de Tahiti adore Chirac », épinglant le comportement du même
procureur de la république, Jean Bianconi. Celui-ci, en octobre 2004, avait
traité les révélations de Vetea Guilloux au mépris des règles de droit les
plus élémentaires (voir nos précédents communiqués de la fin d’année
2004 sur le site du comité de soutien).
Mais
au delà de dysfonctionnements, nous demanderons également l’audition de
diverses personnes disposant d’informations extrêmement utiles pour l’enquête.
Nous espérons enfin, plus d’un an et demi après notre deuxième dépôt de
plainte, que le juge chargé de l’affaire aura enfin pris véritablement
connaissance de l’ensemble des éléments du dossier afin d’être à même
de mener une discussion constructive avec la partie civile, ce qui n’a
malheureusement jamais été le cas jusqu’à présent. Un nouveau communiqué
vous sera transmis ces prochains jours à l’issue de ce nouvel entretien avec
le juge d’instruction.
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Informations à la date du 4 mai 2006
A tous nos amis membres et sympathisants du comité de soutien,
Près
de 4 mois se sont écoulés sans qu’aucune nouvelle information ait été donnée
sur l’enquête relative la disparition de Jean-Pascal Couraud car il est
important en effet de veiller à ce que celle-ci se déroule avec toute la discrétion
possible, d’autant plus qu’elle s’éxécute dans un climat de peur et dans
un contexte politique et judiciaire très particulier.
Toutefois,
suite à l’entrevue qui a eu lieu le 3 mai entre la famille de Jean-pascal et le juge
d’instruction Madame Barruol, il nous a semblé utile et nécessaire de faire
un point succinct de la situation du dossier, sans rien révéler du déroulement
de cette enquête qui se poursuit actuellement.
En
effet, diverses informations ont été données ces dernières semaines à la
famille de Jean-pascal, de différentes sources indépendantes, qui ne laissent planer
aucun doute sur la réalité de l’assassinat qui a été commis le 15 décembre
1997 au large de Papeete sur la personne de Jean-Pascal Couraud, par des salariés
d’une structure administrative qui prendra la dénomination de G.I.P.
(groupement d’intervention de la Polynésie) quelques mois plus tard. Ceci est
désormais devenu pour nous une certitude. Mais notre difficulté aujourd’hui
est d’obtenir de l’appareil judiciaire la mise à jour de la réalité de
cet assassinat afin que leurs auteurs et leurs complices puissent être jugés
et punis pour ces actes odieux et criminels.
Par ailleurs, nous avons été également témoin dans cette affaire, et ce depuis les toutes premières révélations de Vetea Guilloux en octobre 2004, des graves dysfonctionnements de l’institution judiciaire. Tout ceci a été à nouveau confirmé par des révélations faites spontanément à la famille de Jean-pascal au cours de ces dernières semaines par plusieurs sources fiables et indépendantes de l’enquête. Les personnes à l’origine de ces dysfonctionnements et ceux qui y participent sont désormais connus mais compte tenu du déroulement de l’enquête en cours, il apparaît qu’il n’est actuellement ni utile ni souhaitable de révéler ces différents éléments sur lesquels nous reviendrons certainement plus en détail le moment venu. Toutefois, la nature des entraves et des pressions exercées montre clairement que certaines personnes bien placées dans le milieu judiciaire sont disposées à utiliser tous les moyens possibles, y compris ceux contraires à la loi, pour empêcher l’enquête d’aboutir et de révéler les auteurs, leurs complices, ainsi que les vrais responsables de cet assassinat.
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Informations à la date du 10 janvier 2006
Nous
sommes bien sûr tous dans
l’espoir que notre démarche pour la recherche de la vérité sur les
conditions de la disparition de Jean-Pascal Couraud trouvera une issue favorable
au cours des prochains mois afin notamment de nous permettre de faire le deuil
de la perte d’un être cher disparu déjà depuis plus de 8 ans..
Notre
dernier communiqué de la fin d’année 2005 apportait une note d’espoir
suite aux éléments d’information qui nous avaient été transmis par le juge
Barruol à propos des modalités de réalisation de l’enquête sur cette
disparition.
Nous
devons malheureusement aujourd’hui vous faire part d’éléments provenant
d’une source bien informée qui confirmeraient à nouveau que certaines
personnes, tenues naturellement informées du déroulement de cette enquête de
par leur position au sein même de l’institution judiciaire, continuent à œuvrer
dans l’ombre afin de contrecarrer le travail des enquêteurs. Ainsi, plusieurs
personnes mises sur écoute téléphonique il y a déjà plusieurs semaines,
auraient été délibérément prévenues afin d’ôter aux enquêteurs une des
rares possibilités d’obtenir d’éventuelles preuves d’un assassinat, qui,
pour de nombreux observateurs, apparaît pourtant aujourd’hui avec de plus en
plus de certitudes comme étant la cause de la disparition de Jean-pascal. Ce
comportement indigne est par ailleurs un nouveau révélateur du trouble et de
la crainte suscités par le déroulement de cette enquête.
Les mots nous manquent pour exprimer nos sentiments face à de telles dérives. Mais à nouveau, apparaît le doute quant à la volonté de tous de permettre à l’enquête d’établir la vérité sur cette disparition.
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Informations à la date du 28 décembre 2005
Les membres du Comité de soutien pour la recherche
de la vérité sur la disparition de Jean-pascal se sont réunis en assemblée générale
annuelle le vendredi 2 décembre 2005 à partir de 18 heures à l’hôtel Shératon
afin de délibérer sur l’ordre du jour suivant :
-
point sur l’enquête en cours
-
rapport moral et financier
-
renouvellement du bureau
-
questions diverses.
Malgré l’existence d’un barrage à l’entrée ouest de la ville de Papeete
instauré depuis le début de journée du vendredi 2 décembre par des
syndicalistes, l’assemblée générale a été maintenue, sachant que
plusieurs personnes ne se sont pas déplacés pour cette raison. 20 personnes étaient
néanmoins présentes ; et compte tenu des procurations envoyées,
l’assemblée a pu valablement délibérer.
Le procès-verbal détaillé de cette assemblée générale
sera envoyé par voie postale à nos adhérents, dont l’adresse nous a bien été
communiquée.
Le
point sur l’enquête en cours:
La famille de Jean-Pascal, sa mère, sa sœur et ses deux frères ont rencontré
le juge Barruol le 23 novembre 2005 en présence de leur avocat James Lau, afin
d’être tenu informé de l’état d’avancement et du déroulement de
l’enquête sur la disparition de Jean-pascal.
Le juge Barruol a indiqué que les investigations
avaient été confiées à la gendarmerie, qui, sur la base d’un plan d’enquête
pré-établi, lui rendait compte régulièrement de son état d’avancement.
Une équipe a été constituée à temps plein afin de travailler sur ce
dossier, composée au départ de quatre gendarmes, puis de deux, puis à nouveau
quatre. Toutes les pistes sont systématiquement et minutieusement étudiées.
Il a par ailleurs été indiqué qu’il avait été au départ nécessaire
d’attendre que le complément d’enquête mené par la cour d’appel dans le
cadre des révélations faites par Vetea Guilloux se termine pour démarrer véritablement
les investigations relatives à la plainte pour assassinat. A ce stade,
l’ensemble du dossier d’enquête relatif aux déclarations de Vetea Guilloux
a été versé au dossier instruit par Madame Barruol et la cour d’appel
attend les conclusions de cette enquête pour statuer sur le caractère
calomnieux des déclarations de Vetea Guilloux. Rappelons que les éléments
issus de l’instruction de l’affaire Guilloux, selon la famille de Jean-pascal, a
renforcé l’accusation d’assassinat émise dans le cadre de la plainte déposée
en décembre 2004.
Le juge a souligné l’importance exceptionnelle des
moyens humains affectés par la gendarmerie à cette affaire. Elle a par
ailleurs indiqué avoir sollicité et obtenu la nomination d’un deuxième juge
pour suivre ce dossier, compte tenu de la complexité de l’affaire et son
caractère particulièrement sensible. C’est le nouveau doyen des juges
d’instruction qui a été ainsi désigné pour assister Madame Barruol,
celle-ci conservant la responsabilité de la conduite du dossier. Madame Barruol
a également tenu à préciser qu’elle abordait ce dossier avec le seul souci
de la recherche de la vérité, sans aucune autre préoccupation.
Globalement, les propos tenus par le juge ont très
nettement rassuré la famille de Jean-pascal qui considère effectivement que l’enquête
semble être désormais conduite de manière appropriée.
Concernant son déroulement proprement dit, l’enquête
devrait encore se poursuivre pendant plusieurs mois au cours desquels toutes les
personnes concernées seront entendues ou réentendues. Par ailleurs, les
perquisitions effectuées au début du mois de novembre au GIP et au siège du
Tahoera’a ont mis en évidence des éléments qui pourraient s’avérer déterminants
pour la suite de l’enquête.
La famille de Jean-pascal sera tenue informé du déroulement
de l’enquête au fur et à mesure de l’avancée des investigations futures
et des résultats obtenus.
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Papeete, le 28 octobre 2005
Le jugement rendu par la cour d’appel de Papeete le 27 octobre 2005 à l’encontre de Vetea Guilloux dans le cadre de son procès pour dénonciation calomnieuse et dénonciation mensongère constitue une étape importante et utile dans le combat que la famille et les amis de Jean-Pascal Couraud mènent depuis un an afin de faire apparaître la vérité sur les causes de sa disparition en fin d’année 1997
Les déclarations de Vetea Guilloux portaient sur deux points essentiels :
- le fait qu’il avait assisté à un enlèvement effectué par le GIP qui aurait eu lieu à l’issue d’une filature qu’il aurait effectué le soir de la disparition de Jean-pascal : sur ce point précis, Vetea Guilloux est condamné pour déclaration mensongère, ce qui est selon nous logique car nous savions dés le début que cet élément, tel que raconté par Vetea Guilloux, ne cadrait pas avec le déroulement connu de la dernières soirée de Jean-Pascal.