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Le 31 décembre 2008
A tous nos amis, membres et sympathisants du Comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-Pascal Couraud Bonjour à tous,
Avec un peu de retard sur la presse qui a eu
connaissance de cette
information il y a déjà deux jours, nous vous transmettons
ci-joint un
document relatant ce que nous avons appris à propos du document
trouvée lors de la perquisition
réalisée par les enquêteurs de la DNIF au domicile
tahitien de Gaston Flosse, au mois de septembre 2008.
Toute la question réside actuellement dans
le fait de savoir si la justice
pourra considérer ce document comme étant authentique, afin de pouvoir
s'en servir ensuite dans la
suite de l'enquête.
Si c'était le cas, la possession de ce
document constituerait bien sûr une
avancée importante dans l'enquête.
Nous vous tiendrons informés lorsque nous
aurons pu directement prendre
connaissance des différentes pièces liées à cette saisie, sachant par
ailleurs que nous avons appris que le juge Redonnet souhaitait
recevoir prochainement la
famille de Jean-Pascal Couraud.
Par ailleurs, le document que possédait
Jean-Pascal et qui est certainement
la cause de sa disparition, a été récemment transmis aux
enquêteurs. Ceux-ci savent
désormais de quelle manière ce même document avait été remis aux
services de la Présidence du gouvernement en août 1997, qui
s'étaient simultanément
renseignés sur les liens professionnels qui existaient entre
l'auteur du document et Jean-Pascal
Couraud. La mention de liens financiers
possibles entre Jacques Chirac et certaines personnalités
polynésiennes figure
effectivement dans ce document, sans contenir toutefois aucun élément
de preuve.
Notre assemblée générale annuelle qui aurait
dû se tenir en décembre 2008 a
été volontairement repoussée de quelques semaines afin de tenir
compte des avancées importantes de l'enquête que nous attendions de
manière quasi certaine suite à
des informations reçues par des voies non
officielles. Nous pensons aujourd'hui préférable d'attendre la
fin du mois de janvier 2009 pour
tenir cette assemblée générale, qui
sera ainsi l'occasion de faire
le point le plus complet possible de l'enquête qui se
poursuit.
Nous vous souhaitons à tous une excellente
année 2009.
Meilleures salutations
Philippe Couraud
10 juin 2008
Chers amis, membres et sympathisants du comité de soutien,
Saisies de documents à la DGSE et chez Maître Weil, avocat de Jacques
Chirac
Nous vous transmettons ci-joint une dépêche de l’agence Reuter qui vous permettra si nécessaire, de prendre connaissance des dernières avancées de l’enquête conduite par le juge Redonnet qui a procédé les 4 et 5 juin 2008 à Paris, à deux perquisitions, l’une à la DGSE où 17 documents ont été saisis et placés sous scellés et l’autre chez Maître Weil, avocat de Jacques Chirac, où là aussi, un document émanant de la TOKYO SOWA BANK a été saisi pour être versé au dossier. Tel
qu’indiqué dans le communiqué de presse que le Comité de soutien vient de
faire parvenir aux medias, la famille de Jean-Pascal Couraud tient à marquer
sa satisfaction face à une initiative effectuée dans le but de faire
progresser l’enquête ouverte suite à sa plainte déposée en décembre 2004. Mais au
delà de ces supposés comptes bancaires tant cités, et alors que le juge
d’instruction s’intéresse désormais aux informations détenues par la DGSE,
la famille de Jean-pascal Couraud affirme qu’il faut aussi s’interroger sur
les motifs qui ont poussé un agent de la DGSE mis à disposition de la présidence du
gouvernement polynésien, à organiser en novembre 1997 une filature
rapprochée de Jean-Pascal Couraud en s’appuyant sur le personnel des
services de l’administration polynésienne. Cette filature qui a fait l’objet
de plusieurs procès-verbaux d’audition, s’est terminée au bout d’environ six
semaines, avec le constat de la disparition tragique que l’on connaît (voir
le document « JPK et le compte japonais » publié sur notre site
www.soutienjpk.org). Nous
pensons que dans les pièces saisies, se trouvent peut-être des éléments
utiles pour apporter une réponse à toutes les questions que la famille se
pose encore aujourd’hui quant à la vérité sur cette disparition.
Nous
continuons par ailleurs tout naturellement à apporter notre pleine et
entière collaboration à la poursuite d’une enquête qui se poursuit également
en Polynésie française avec des auditions et confrontations de diverses
personnes impliquées d’une manière ou d’une autre dans ce dossier. Nous signalons pour finir la diffusion sur France 3, le 20 juin 2008 à 23H25, de l’émission « Pièce à conviction » consacré à l’affaire JPK. Cette émission sera retransmise en Polynésie française sur la chaîne Tempo le dimanche 22 juin à 21H30. Meilleures salutations
Papeete le 28 avril 2008
A tous les amis et sympathisants du comité de soutien,
Perquisition nocturne aux Nouvelles et saisie du numéro spécial consacré à Gaston Flosse C’était il y a vingt ans, hommage à Jean-Pascal Couraud,
Il y a aujourd’hui 20 ans, toute la Polynésie s’indignait de ce qui s’était passé ce 27 avril 1988 : Gaston Flosse avait demandé et obtenu des juges Rolland et Reau statuant en référé, l’autorisation, non seulement de saisir tous les exemplaires d’un numéro spécial des Nouvelles intitulé « Le règne calamiteux de Gaston Flosse », mais encore de « perquisitionner les lieux publics et privés en dehors des heures légales, faire fouiller les sacs postaux à l’OPT, faire retarder le départ du courrier pour la Métropole » (cf. le numéro des Nouvelles du 28 avril 1988). Après que les Nouvelles aient refusé une première fois la perquisition tentée en fin de journée du 27 avril 1988, la force publique était réquisitionnée par le Haut-Commissaire Pierre Angeli, et des policiers, conduits par le commissaire Agnese, se rendaient aux Nouvelles en pleine nuit, à 23h30 (un cas resté unique sous la cinquième république) pour finalement ne récupérer que trois numéros oubliés dans un coin de l’imprimerie, puisque la totalité des exemplaires avait finalement pu être distribuée. Ce numéro spécial de 28 pages avait été réalisé avec l’appui de toute l’équipe des Nouvelles à partir d’une idée de Jean-Pascal Couraud, 27 ans à l’époque, qui en était depuis 2 ans le rédacteur en chef. Quelques jours après la parution de ce numéro, Jean-Pascal Couraud fut licencié avec effet immédiat par le propriétaire du journal, un riche homme d’affaire polynésien qui avait finit par céder à diverses pressions. Lucien Maillard, le rédacteur en chef qui avait précédé Jean-Pascal, avait été licencié dans les mêmes conditions en 1986 car son indépendance et sa force de caractère déplaisaient. Connaissant et admirant ses qualités professionnelles, c’est Lucien Maillard qui posa comme une des conditions de son départ, la nomination de Jean-Pascal, qu’il considérait comme un fils spirituel, au poste de rédacteur en chef des Nouvelles. En avril 1988, au moment de la parution de ce numéro spécial qui lui est consacré, Gaston Flosse, est alors secrétaire d’Etat chargé du Pacifique Sud. Il soutient avec force Jacques Chirac dans la campagne pour les élections présidentielles du mois de mai remportées par François Mitterand. Lors des élections législatives qui suivront quelques semaines après cette élection, Alexandre Léontieff et Emile Vernaudon deviendront députés de la Polynésie française. La défaite de Gaston Flosse face à Emile Vernaudon fut perçue comme une surprise par la plupart des observateurs politiques de l’époque. Mais trois ans plus tard, après les élections territoriales de 1991, Emile Vernaudon et Gaston Flosse s’allieront contre AlexandreLéontieff pour former une majorité de gouvernement. Gaston Flosse restera alors sans discontinuer au poste de président de la Polynésie française pendant 13 ans, jusqu’en mai 2004. Ce numéro spécial des Nouvelles ne réunissait que 28 pages d’articles déjà écrits dans la presse locale ou nationale. Parmi ceux-ci, un seul article d’Allain Rollat, journaliste au Monde intitulé « Jeu de massacre à la tahitienne » et daté de juin 1987, avait précédemment été jugé diffamatoire. La partie diffamatoire de cet article avait été masquée par le titre « CENSURE ». D’autres articles avaient suscité des droits de réponse. Le numéro ne contenait absolument aucun élément portant atteinte à l’intimité de la vie privée, motif généralement invoqué pour procéder à une saisie. Seul l’éditorial, aux propos particulièrement incisifs et virulents intitulé « Plus jamais ça ! » était une production nouvelle du numéro. Extrait du jugement ayant justifié aux yeux du juge la saisie du numéro dans des conditions si exceptionnelles : «Attendu que le numéro (...) comporte 28 pages exclusivement consacrées au requérant, que de nombreux articles polémiques revêtent un caractère injurieux et grossier, portant atteinte à la réputation du requérant ; » «Qu’en l’espèce, le trouble manifestement illicite résulte de la publication d’articles diffamatoires ayant fait l’objet de condamnations pénales ou ayant engendré un précédent droit de réponse censuré dans cette publication spéciale ; Que la publication de très nombreux articles sur vingt huit pages d’un quotidien au ton pour le moins injurieux et manifestant une intention de nuire à la considération et à l’honneur du requérant, engendre pour celui-ci une atteinte intolérable à sa réputation, dont le caractère serait pratiquement irréparable par la simple allocation de dommages et intérêts ; (…) Attendu qu’il y a urgence à prendre toute mesures pour faire cesser un trouble illicite et empêcher que le dommage subi par le requérant ne devienne irréparable ; » Les Nouvelles racontent également qu’au soir du 27 avril, Gaston Flosse, bousculant tous les usages, s’imposa au journal télévisé donnant à tous les spectateurs médusés l’image d’un homme surexcité, ayant perdu le sens de la mesure, ne se maîtrisant plus, s’exclamant : « on veut m’abattre politiquement, et ajoutant « en mettant un doigt sur sa tempe comme pour y appuyer un revolver. Certains souhaiteraient même davantage ». Cette intervention en direct au journal télévisé a soulevé stupeur et indignation de toutes parts et de tous bords : Jean-Marius Raapoto, Emile Vernaudon, Hiro Tefarere pour A tia i mua, Peni Atger, le sénateur de l’époque, Daniel Millaud, Alexandre Léontieff, Maco Tevane n’ont pas hésité à porter des jugements sévères sur le secrétaire d’état, « se révélant mégalomane », « apparaissant comme apprenti dictateur », bafouant les valeurs traditionnelles de la République » projetant brutalement la Polynésie « dans une civilisation digne de toutes les républiques bananières de notre planète ». Après ce licenciement en mai 1988, Jean-Pascal Couraud est rapidement engagé par Alexandre Léontieff, alors Président du gouvernement, à son service de presse. En mars 1991, il reprendra pendant quelques mois un travail journalistique dans la radio et le bulletin du « Te Tiarama », parti politique créé par Alexandre Léontieff. Mais surtout, tout en étant chargé de la communication de Boris Léontieff à la mairie d’Arue de 1992 jusqu’à sa disparition en décembre 1997, il continuera à conduire des investigations sur la vie politique locale, et à mener des batailles juridiques contre Gaston Flosse. Par devoir pour ses lecteurs, par respect pour son métier et par conviction personnelle, Jean-Pascal COURAUD n'aurait pas supporté de devenir un journaliste muselé. A partir de Mai 1988 -- il n'avait alors que 28 ans -- plus aucun article signé JPK n'est paru dans un quotidien local. Son activité journalistique a néanmoins continué, en collaboration avec certains médias nationaux tels : LA CROIX, MARIANNE, LE CANARD ENCHAÎNE et LE MONDE. Il ne cessa jusqu'à sa mort -- à 37 ans -- de dénoncer avec courage ce que l'on appelle communément aujourd'hui "le système Flosse". En hommage à Jean-Pascal, nous invitons ceux qui le désirent, sur le site du Comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, www.soutienjpk.org.. Ils pourront y lire et certainement apprécier l’éditorial intitulé « Plus jamais ça », publié en une de ce numéro spécial. Son style, son rythme et son contenu sont typiques des éditoriaux politiques qu’il aimait écrire. A la lumière de l’actualité des vingt dernières années et jusqu’à ces tout derniers jours encore, chacun pourra mesurer combien, dans de nombreux domaines, ses réflexions d’alors étaient prémonitoires. Certaines d’entre-elles se sont de plus probablement cruellement vérifiées à son détriment.
Les commentaires de Florian Aguillon, secrétaire de rédaction des Nouvelles en avril 1988
Je voudrais
apporter, si vous le permettez, quelques précisions à votre texte relatif au
numéro spécial sur gaston Flosse. Vous dites que toute l'équipe des
Nouvelles s'était mobilisée pour réaliser ce numéro. Vous pensez sans doute
aux journalistes de la rédaction. Je comprends bien que dans l'esprit des
gens qui s'intéressent au sujet, les Nouvelles de la période 85 - 88 reste
une belle offensive journalistique contre le pouvoir en place. Hélas, dans
les faits, la réalité est un peu différente. Dans une rédaction, les
sensibilités varient selon les individus, c'est normal. Aux Nouvelles,
Lucien Maillard avait donné le ton. Après son départ, Jean Pascal avait
repris le flambeau de la rigueur journalistique et humaniste, mais on
trouvait aussi, à côté, quelques types très à droite et d'autres qui ne
pensaient rien. Malgré cela, il y avait une belle émulation certains soirs
au moment de composer la une. Personne ne voulait se mouiller pour aider
Jean Pascal à faire un numéro spécial sur toutes les casseroles que traînait
Gaston Flosse ( quand vous parlez de journalistes
muselés, n'oublions pas que beaucoup s'autocensurent pour éviter les ennuis
et le licenciement - ceci est valable dans tous les journaux ). Certains
estimaient même qu'il en faisait trop, qu'il s'acharnait inutilement : la
suite lui a donné dramatiquement raison, quand on voit aujourd'hui l'état du
pouvoir à Tahiti. Deux personnes ont travaillé sur ce numéro,Jean
Pascal et moi. J'étais à l'époque secrétaire de rédaction. Je me souviens
d'avoir annulé une semaine de vacances à sa demande : il savait que j'étais
partant pour ce genre de projet. En quelques séances de travail, on a
répertorié tous les articles de presse parus précedemment dans nos colonnes
et en France. En salle de montage, le directeur financier H.H. pâlissait
chaque fois qu'il jetait un oeil sur la maquette : ça sentait le fafaru !
Lui aussi craignait pour son poste. Mais il ne pouvait pas nous interdire de
travailler. Au soir de ce numéro, il y avait carrément deux camps dans la
rédaction, la tension était palpable. Papeete, le 4 avril 2008
Chers amis, membres et sympathisants du comité de soutien, Nous vous transmettons quelques informations relatives à l’avancée du dossier d’enquête. L’instruction a repris sous l’autorité du nouveau juge Jean-François REDONNET Le juge STELMACH qui comptait clore l’enquête en fin d’année 2007 et prononcer un non lieu ayant été dessaisi, l’enquête a repris sous la direction d’un nouveau juge d’instruction. Celui-ci nous a reçu le 25 février 2008 et nous avons pu à cette occasion expliquer notre position et indiquer les différentes pistes qui nécessitaient selon nous d’être approfondies. Malgré l’impression favorable qui s’est dégagée de cette entrevue, une partie des auditions et confrontations demandées par nos avocats a été refusée, nos arguments n’ayant apparemment pas été suffisamment développés. Nous avons donc fait appel de ces refus et pensons qu’une argumentation plus complète devrait nous donner satisfaction et permettre que ces auditions et confrontations soient réalisées. Les juges parisiens décident d’attendre les résultats de l’enquête en cours avant de rejuger Vetea Guilloux sur les faits de dénonciation mensongère et calomnieuse Au début du mois de mars, nous avons appris avec beaucoup de satisfaction que les juges parisiens, qui intervenaient après que la condamnation prononcée par le tribunal de Papeete ait été cassée, avaient tout naturellement repoussé l’examen du dossier de plainte déposé contre Vetea Guilloux pour dénonciation mensongère et calomnieuse, dans l’attente des résultats de l’enquête en cours sur la disparition de Jean-Pascal Couraud. Il faut se souvenir qu’en octobre 2004, dans cette même affaire, Vetea Guilloux avait été mis immédiatement en prison après avoir été jugé en comparution immédiate. Le versement dans le dossier des documents saisis chez le général Rondot, susceptibles de se rapporter à des mouvements financiers de la Polynésie française vers le Japon n’a pas encore été effectué par les juges D’huys et Pons, les inspecteurs de la brigade financière parisienne n’ayant pas encore terminé les investigations qui leur ont été confiées sur ce point. Le livre rédigé par Nicolas Beau et Olivier Toscer sur les liens que Jacques Chirac entretenait avec le Japon est sorti le 20 mars à Paris. Selon un des auteurs, le volet pouvant concerner la Polynésie a été simplement mentionné mais n’a pas fait l’objet d’autres développement, faute pour le moment d’éléments tangibles. Le juge REDONNET a néanmoins demandé que ce livre soit versé au dossier d’enquête. Nous vous transmettons par ailleurs en pièces jointe un exposé précis des éléments à notre disposition nous ayant conduit à penser que les informations dont aurait disposé Jean-Pascal sur de tels transferts auraient pu constituer le mobile d’un assassinat. Chers amis,
Nous vous transmettons ci-joint l’article du journal « Le Monde » (page 1 et page 2) paru dans l’édition du 18 janvier 2008 consacré à l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal Couraud. Cet article représente un apport considérable à notre démarche de médiatisation. Par ailleurs, en évoquant cette affaire une semaine avant des échéances électorales importantes en Polynésie française, et en effectuant une mise en relation avec des pratiques illégales et malsaines instaurées sous les gouvernements Flosse, cet article du « Monde » redonne à la disparition de Jean-Pascal un véritable sens politique et prolonge d’une certaine manière les combats qu’il menait à l’époque, ce que ses amis et ses proches perçoivent comme un hommage véritable à son égard. Notre satisfaction est malheureusement affectée par la fait que Gérard DARVET, auteur de l’article, a présenté à ses lecteurs une image tronquée de cette affaire, c'est-à-dire, du notre point de vue, une image fausse. Venant d’un journal de référence comme « Le Monde », ceci en a choqué plusieurs d’entre vous. C’est donc une version très soft du dossier, un peu éloignée de la réalité de la procédure en cours, qui est présentée dans cet article. Le ton a par ailleurs déplu à certains. Nous vous transmettons ci-joint quelques unes des réactions que cet article a suscitées, car elles complètent utilement la lecture de l’article lui-même. De même, l’article de Rue 89 publié dans son édition numérique du 19 janvier apporte un tout autre éclairage au témoignage de Jean-Dominique Des Arcis. Merci de votre soutien à tous,
Philippe Couraud
Chers amis, membres et sympathisants du comité de soutien,
Nous nous sommes retrouvés ce samedi 15 décembre 2007 vers 16 heures au cimetière de la Pointe des pêcheurs à Punaauia pour rendre hommage à la mémoire de Jean-Pascal Couraud, disparu depuis maintenant dix ans. Deux textes et un poème de Prévert, le miroir brisé, ont été lus ; nous avons aussi chanté et prié dans une ambiance chaleureuse, avec le souvenir de Jean-Pascal bien présent dans nos esprit. Nous vous transmettons ci-joint les deux textes lus ce jour là, l’un écrit par Lucien Maillard, ancien rédacteur en chef des Nouvelles qui avait connu Jean-Pascal avant qu’il ne devienne lui-même rédacteur en chef. Lucien voue une admiration profonde et sincère pour Jean-Pascal et nous a souvent signalé ses qualités professionnelles. L’autre texte est constitué d’extraits d’un éditorial écrit dans un numéro spécial des Nouvelles consacré à Gaston Flosse, publié en avril 1988. Ne contenant presque que des articles déjà publiés dans la presse locale ou nationale, ce numéro avait toutefois été saisi une dizaine d’heures après sa parution, alors même que tous les exemplaires avaient déjà été vendus, sur la base d’un jugement en référé autorisant la perquisition des lieux publics et privés, y compris en dehors des heures légales. Le titre de l’éditorial « Jamais, plus jamais ça » et le sujet qu’il aborde, le problème de la mémoire en politique, nous ont semblé pouvoir être repris à l’identique 20 ans après. La copie de la une de ce numéro spécial comprenant l’intégralité de cet éditorial vous est également transmis pour info et sera consultable sur le site du comité de soutien.
Perquisition chez Jean-Dominique Des Arcis L’avocat de Jean-Pascal Couraud était interrogé par le juge Redonnet lundi 17 décembre 2007 au matin afin de lui faire préciser ses déclarations relatives aux informations sensibles que Jean-Pascal Couraud détenait et qui auraient pu être à l’origine de sa disparition. Suite à cette audition, une perquisition a été effectuée à la demande du procureur de la république Jean Bianconi aux deux domiciles de l’avocat à Papeete et à Raiatea ainsi que dans ses bureaux afin de rechercher des documents qui auraient pu concerner les mouvements financiers évoqués par l’avocat au profit de Jacques Chirac. Parmi les documents saisis figurent également les notes personnelles de l’avocat sur le dossier, des échanges de courrier avec la famille de JPK et les documents de travail qu’il possédait concernant l’enquête en cours sur la disparition de Jean-pascal Couraud.
Papeete, le 21 novembre 2007 A tous les amis, membres et sympathisants du Comité de soutien,
La Chambre de l'instruction vient de rendre son jugement donnant satisfaction aux deux demandes de la famille de Jean-Pascal Couraud La première décision concerne l’accord de la Chambre de l’instruction pour que soient versées au dossier les pièces saisies chez le général Rondot se rapportant au compte japonais ; il s’agit pour nous de pouvoir nous assurer de la véracité des transferts financiers entre la Polynésie vers ce compte japonais et établir ainsi la réalité du danger que Jean-Pascal courrait en possédant ce type d’informations en milieu d’année 1997. Sachant les liens qui existaient entre la DGSE et les personnes qui supervisaient la filature de Jean-Pascal au moment de sa disparition, il serait utile de réunir le maximum d’information en provenance de la DGSE au sujet de la Polynésie française et de ce compte japonais. La deuxième décision concerne le dessaisissement du juge Stelmach et la désignation d'un autre juge pour poursuivre l’instruction du dossier ; sans revenir sur les motifs de notre demande, cette décision a été prise car il était devenu trop évident que l’instruction n’était pas conduite en toute objectivité. Nous espérons désormais pouvoir nous entretenir assez rapidement avec le nouveau juge d’instruction du fonds du dossier, de ce qu’il contient et de ce qu’il laisse supposer à ce stade de l’enquête. Avec cette désignation, s’ouvre à nouveau la possibilité de poursuivre l’enquête, ce qui s’avérait tout à fait nécessaire compte tenu d’un ensemble de présomptions convergentes mises en évidence par les premières auditions. Une réponse du chef de cabinet de Rachida Dati Suite à un courrier que Françoise Dreuilhe, la mère de Jean-Pascal Couraud, avait envoyé à Madame Rachida DATI (ministre de la justice) vers la fin du mois de septembre 2007, le Chef de cabinet du ministre nous a adressé une réponse dans laquelle il nous fait part du soutien du ministre face à de tels évènement dramatiques et nous informe qu’un examen attentif du dossier est en cours par la direction des affaires criminelles et des grâces auprès de qui un entretien devrait être sollicité. L’émission interception du 16 décembre, diffusée sur France Inter à 9h15 sera consacrée à l’affaire JPK (retransmise en direct sur RFO). Benoît Collombat, grand reporter à France Inter, auteur d’un livre sur l’affaire Boulin publié en début d’année 2007, vient de quitter Tahiti après avoir réalisé un reportage d’environ une heure qui sera diffusé le 16 décembre 2007 dans l’émission « Interception ». RFO diffusant France inter en direct pendant la nuit, cette émission devrait pouvoir être facilement écoutée à Tahiti au même moment, le samedi 15 décembre à 22h15, jour du dixième anniversaire de cette disparition. Elle pourra être aussi écoutée sur le site Internet de France Inter et sera mis à disposition sur le site www.soutienjpk.org. Notre assemblée générale annuelle se tiendra le 11 décembre 2007 à l’hôtel Sheraton à Faaa Une convocation sera également effectuée par voie de presse et sera confirmée ultérieurement par courrier électronique. Ce sera l’occasion bien sûr de faire un point plus précis sur l’enquête. Vous remerciant de votre soutien à tous, Philippe Couraud
Papeete, le 19 octobre 2007
Les éléments déjà recueillis montrent que l’enquête doit être poursuivie Comme indiqué dans notre dernier communiqué du mois de septembre 2007, nous avons pris connaissance ces dernières semaines du dossier d’enquête que le juge d’instruction Philippe Stelmach se propose de clore en l’état. Comme nous nous y attendions, la lecture du dossier d’instruction montre bien au contraire la réelle nécessité de poursuivre l’enquête. Les principaux éléments sur lesquels se fonde un tel constat sont les suivants : 1- Les nombreuses contradictions et mensonges avérés de certains proches de Jean-Pascal Couraud sur le déroulement précis de la dernière soirée passée à son domicile : leur mise en évidence lors des gardes à vue réalisées en début d’année 2007 nécessite de nouvelles investigations susceptibles fournir des éléments utiles à la manifestation de la vérité. 2- L’existence d’une dizaine de témoins, qui viennent confirmer partiellement ou totalement, les déclarations de Vetea Guilloux, dont un témoignage précis provenant d’un gendarme. 3- Les déclarations de l’avocat de Jean-Pascal Couraud qui mentionne un mobile possible pour un assassinat ; ces déclarations doivent être examinées en relation avec la mise à jour de la surveillance et de la filature qui étaient réalisées sur la personne de Jean-Pascal Couraud au moment de sa disparition, par les membres de la cellule d’espionnage de la flottille administrative, dirigée par des agents issus de la DGSE, travaillant pour la Présidence du gouvernement de la Polynésie française.
Notre demande de transmission des pièces saisies chez le général Rondot examinée le 23 octobre 2007 devant la chambre de l’instruction En effet, la demande de transmission dans notre dossier des pièces saisies chez le général RONDOT se rapportant au compte japonais de Jacques Chirac, élément qui aurait pu constituer le mobile d’un interrogatoire de Jean-Pascal par la flottille administrative, nous a été refusé. Nous avons fait appel de ce refus devant la Chambre de l’instruction, qui examinera donc notre demande lors d’une audience fixée le 23 octobre 2007. Outre la présentation de tous les éléments qui justifient une telle demande, nous demanderons également à la Chambre de l’instruction qu’elle se saisisse du dossier afin qu’elle conduise elle-même l’instruction de notre plainte initiale. En effet, le dossier d’enquête montre clairement que le juge Stelmach n’a pas donné la suite qui convient aux divers éléments du dossier d’enquête qui confortent l’hypothèse d’un assassinat. Il avait par ailleurs lui-même demandé à être déchargé de ce dossier en novembre 2006.
L’intérêt des media et le soutien d’une haute personnalité Nous avons relevé l’intérêt grandissant de la presse nationale pour cette affaire au fur et à mesure que la réalité de l’assassinat et son mobile transparaissent de manière évidente à la lecture du dossier d’enquête. Ainsi, après France inter et son émission « Rendez-vous avec X » diffusée au mois de septembre, certains quotidiens de tout premier plan ont annoncé leur intention de donner une réelle importance à ce dossier dans les semaines qui viennent. On note par ailleurs, comme l’a révélé « Le Point » que des magistrats ayant eu à connaître le contenu du dossier au sein du tribunal de Papeete, ont fait part à certains journalistes sous le couvert de l’anonymat de leur conviction quant à cet assassinat. Enfin, au début du mois d’octobre 2007, la mère de Jean-Pascal Couraud a eu un entretien avec une des personnalités les plus respectées du milieu judiciaire. Outre le réconfort apporté, la partie civile a été confortée quant à la justesse de certaines démarches d’ores et déjà engagées. Vous remerciant de votre soutien à tous, Philippe Couraud
Papeete, le 6 septembre 2007 Chers amis, membres et sympathisants du Comité de soutien, Depuis notre dernier communiqué du mois de juin 2007, le juge d’instruction a notifié un avis de fin d’instruction le 10 juillet 2007. La partie civile dispose d’un délai de trois mois pour faire connaître son avis sur ce dossier, le cas échéant, solliciter des compléments d’enquête. La famille de Jean-Pascal Couraud vient de prendre un deuxième avocat en la personne de Max Gatti, ancien juge d’instruction au tribunal de Papeete. Le dossier (plus de 1000 pages) a pu être consulté par les avocats. La famille attend encore que la copie du dossier sollicitée par les avocats soit mise à sa disposition afin qu’elle puisse en prendre connaissance dans son intégralité, ce qui est indispensable pour pouvoir en faire une véritable analyse et réagir de manière appropriée. Il est donc encore trop tôt pour vous faire part d’éléments plus précis qui ressortiraient du dossier d’enquête, telle que celle-ci a été conduite.. Toutefois, nous savons que l’avocat qui travaillait avec Jean-Pascal Couraud a confirmé devant le juge les propos qu’il nous avait tenus quant aux informations précises dont disposait Jean-Pascal en 1997, sur les transferts financiers effectués de la Polynésie vers un compte bancaire japonais qui aurait appartenu à Chirac. Sur la base de ce témoignage, nos avocats ont demandé que les pièces saisies chez le général Rondot concernant ce compte japonais soient versées au dossier d’enquête. La famille, partie civile, a par ailleurs adressé un courrier dont vous trouverez copie ci-joint aux juges d’Huy et Pons, en charge de l’affaire Clearstream, afin de signaler les liens possibles entre la DGSE et la disparition de Jean-Pascal Couraud. Celui-ci est suffisamment explicite pour ne pas nécessiter d’autres commentaires.
26 juin 2007 A tous nos amis et sympathisants du comité de soutien,
État d’avancement du dossier
Pièces jointes : Lettre à Garde des sceaux en date du 20 juin 2007 Article Libération du 25 juin 2007
Selon nos sources, les gendarmes auraient terminé leurs investigations liées à la commission rogatoire dont ils avaient été saisie et seraient sur le point de transmettre l’ensemble du dossier au juge d’instruction. Celui-ci vient d’auditionner à notre demande, l’avocat avec lequel travaillait Jean-Pascal Couraud lors de sa disparition. Le juge d’instruction pourrait alors désormais proposer rapidement la clôture de l’instruction et mettre l’ensemble du dossier d’enquête à la disposition de la partie civile. Sans avoir pu établir de preuves formelles d’un assassinat, les enquêteurs laissent transparaître le fait que les auditions effectués ont mis en évidence la réalité des déclarations des personnes accusées par Vetea Guilloux. Dans ces déclarations qui ont été faites à diverses personnes et à diverses reprises, les auteurs des faits expliquent, parfois de manière détaillée, le crime qu’ils ont commis sur la personne de Jean-Pascal Couraud. Nous attendons la transmission des pièces du dossier afin de déterminer si de nouvelles auditions doivent être demandées puisque nous continuons encore à recueillir les déclarations de personnes, ex-salariés du GIP, ayant entendu l’histoire de cet assassinat racontée de manière détaillée par les auteurs eux-mêmes, dans des circonstances diverses. Par ailleurs, selon la presse nationale (voir l’article de Libération ci-joint), les documents saisis dans le cadre de l’affaire Clearstream confirment que l’existence du compte japonais de Chirac était bien un dossier suivi de très près par la DGSE dés 1997. Ainsi, les déclarations faites par l’avocat de Jean-Pascal Couraud, indiquant une implication directe ou indirecte d’agents ou ex-agents de la DGSE dans la disparition de Jean-Pascal Couraud, pourraient s’avérer exactes. Il est ainsi utile de rappeler que les responsables des équipes chargées de la surveillance et de l’espionnage au sein de l’ex-GIP, étaient eux-mêmes des ex-agents de la DGSE. Il a été récemment entendu par le juge d’instruction à notre demande. Dans ce contexte, suivant les conseils de notre avocat, il nous a paru opportun à ce stade du dossier de nous adresser directement à la nouvelle Garde des Sceaux afin de la sensibiliser sur le caractère très particulier de cette affaire, et sur le fort besoin de justice et vérité éprouvé par de nombreux Polynésiens. Copie de ce courrier vous est transmis en pièces jointe. Vous remerciant de votre soutien, Très cordialement Philippe Couraud
12 avril 2007 L’enquête commence à aborder certains points essentiels de l’affaire Au début du mois de décembre 2006, le Comité de soutien avait rendu public un certain nombre de témoignages appuyant la thèse de l’assassinat. D’autres témoignages allant dans le même sens, dont le contenu est détaillé sur le site www.soutienjpk.org, ont été reçus depuis. L’enquête et l’instruction judiciaire sur la disparition de Jean-Pascal Couraud commence (enfin !) à progresser de manière très concrète avec les auditions de tous les témoins demandée par la famille et la garde à vue de certains proches, présents au domicile de Jean-Pascal la nuit de sa disparition. Même si certains procès-verbaux d’audition pouvant revêtir une importance toute particulière n’ont pas encore été mis à disposition de la partie civile, les éléments beaucoup plus précis relatifs au rôle tenu par certains membres de l’ex-GIP dans cette disparition commencent à apparaître dans le dossier. Les concordances existantes entre diverses déclarations de témoins, ont obligé les enquêteurs à prendre en considération les faits relatés et chercher à établir leur véracité, malgré les revirements et dénégations affichés devant le juge. La mise à jour d’un mobile précis Par ailleurs, la famille a reçu un témoignage émanant d’un avocat proche de JPK au moment de sa disparition, qui était lui-même l’objet de très fortes menaces et pressions diverses. Cet avocat a mentionné l’existence d’un dossier très sensible, mettant en cause des personnalités extérieures à la Polynésie, dont Jean-Pascal était un des seuls à connaître l’existence, et qui serait le mobile premier de l’assassinat. En effet, Jean-Pascal Couraud inquiétait considérablement car il était réputé incontrôlable (des tentatives infructueuses avaient déjà été effectuées). Il était peu avant sa disparition un des plaignants dans le dossier sur l’affaire du Tahara’a dans laquelle Gaston Flosse fût finalement condamné en 2006 pour prise illégale d’intérêt. En 1996 – 1997, les ramifications possibles avec plusieurs autres affaires en cours étaient en train d’apparaître . L’activisme de Jean-Pascal Couraud posait effectivement problème. Le détail des éléments révélés à la famille ne peut être rendu public en l’état actuel de la procédure mais ceux-ci cadrent parfaitement avec tous les éléments déjà connus du dossier, et ils sont donc pris aujourd’hui avec le plus grand sérieux. S’ils s’avéraient exacts, toute l’affaire apparaîtrait alors d’une extrême gravité. La famille, plus que jamais, souhaite donc s’entretenir avec le juge afin d’aborder ce sujet en particulier, et de manière plus générale s’informer de la situation de l’enquête judiciaire, selon les droits accordés à la partie civile. Avec la multiplication des témoignages divers reçus depuis ces douze derniers mois, après avoir mis bout à bout et organisé les informations en sa possession, avec de plus la mise à jour d’un mobile, la famille a aujourd’hui une vision plus complète et une meilleure compréhension des évènements et motivations ayant finalement conduits à l’assassinat de Jean-Pascal Couraud en décembre 1997. Coup bas: Mise à pied de Philippe Couraud
Communiqué à la date du 28 janvier 2007
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COMMUNIQUÉ DE PRESSEVendredi 15 décembre 2006 |
France
neuvième anniversaire de la disparition d’un journaliste d’investigation en Polynésie française : le comité de soutien dénonce l’immobilisme de la justice
Neuf ans après la disparition de Jean-Pascal Couraud (dit JPK), ancien rédacteur en chef du quotidien Les Nouvelles de Tahiti, l’enquête semble au point mort. Les circonstances de la mort du journaliste, le 15 décembre 1997, n’ont jamais été élucidées. Son comité de soutien dénonce aujourd’hui la lenteur de la justice.
“Nous rejoignons l’appel du comité de soutien et demandons aux autorités judiciaires de Polynésie de ne pas écarter la thèse de l’assassinat de Jean-Pascal Couraud pour ses activités professionnelles. Il faut que tous les témoins qui peuvent contribuer à faire la lumière sur cette affaire soient entendus. La justice doit également tenir la famille du journaliste informée de l’avancée de l’enquête”, a déclaré Reporters sans frontières.
Selon les proches du journaliste, plusieurs témoins clés n’ont pas encore été entendus et, début novembre, le juge d’instruction Philippe Stelmach a demandé à être dessaisi du dossier, risquant de retarder à nouveau l’enquête.
Le 6 décembre 2006, le comité de soutien JPK a organisé une conférence de presse pour faire le point sur l’affaire et rappeler que la thèse de l’assassinat ne fait plus aucun doute. Pour appuyer sa déclaration, il a rendu publics quatre nouveaux témoignages (disponibles sur www.soutienjpk.com) selon lesquels le journaliste aurait été assassiné par des membres de l’ex-GIP (Groupe d’Intervention de Polynésie, service d’ordre personnel de l’ancien président Gaston Flosse).
Jean-Pascal Couraud était un opposant notoire à Gaston Flosse. Il enquêtait sur des affaires politico-financières dont la publication pouvait nuire au Président. Après la disparition du journaliste dans des circonstances mystérieuses, la thèse du suicide a d’abord été retenue. L’enquête a été rouverte en octobre 2004 après le témoignage de Vetea Guilloux, ancien membre du GIP, qui a déclaré avoir assisté à l’assassinat de Jean-Pascal Couraud, perpétré par des membres du service d’ordre de Gaston Flosse. Vetea Guilloux est ensuite revenu sur ses déclarations et a été condamné à douze mois de prison pour dénonciation calomnieuse.
En novembre 2004, le frère du journaliste a créé un comité de soutien pour la réouverture de l’enquête. Le 14 décembre, la famille du journaliste a déposé “plainte contre X” avec constitution de partie civile pour « assassinat » et « complicité ».
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Info
et commentaires à la date du 28 octobre 2006
A tous nos amis membres et sympathisants du comité de soutien,
De nouvelles déclarations
faites au juge d’instruction
Les deux frères de Jean-pascal, Philippe et Olivier Couraud, ont tous deux été entendus séparément le 5 octobre 2006 par le doyen des juges d’instruction du tribunal de Papeete, Monsieur Stelmach. Dans un premier temps, des précisions et explications, ont été fournies quant à l’origine des déclarations du comité de soutien sur le fait que certains magistrats du parquet de Papeete étaient intervenus sciemment afin de perturber le bon déroulement de l’enquête.
Mais cet entretien a surtout été l’occasion de faire part des nouvelles déclarations reçues par la famille faisant état de manière plus précise et circonstanciée des faits déjà mentionnés par Vetea Guilloux, et citant l’identité de personnes qui auraient été des témoins directs de l’enlèvement de Jean-pascal et de son assassinat. La personne à l’origine de ces déclarations nous a indiqué par ailleurs les fortes pressions qu’elle avait subies dans le but de la dissuader de parler. Effectivement, si les propos qui nous sont tenus ne sont pas confirmés auprès de la justice, ceci constituera une difficulté certaine pour la progression de l’enquête.
L’enquête entre dans une nouvelle phase
Néanmoins, nous sommes incontestablement entrés depuis trois semaines environ dans une phase nouvelle avec la multiplication de divers témoignages allant tous dans le sens de la confirmation de l'assassinat de Jean-pascal. Il apparaît que la réalité de cet assassinat était connue de plusieurs personnes qui, par peur de représailles, étaient restées longtemps silencieuses. A l'évidence, les langues se délient aujourd'hui et nous nous attendons à d’autres déclarations au cours des prochaines semaines. Ceci ne fait que confirmer les certitudes que nous avions exprimées dans nos deux derniers communiqués des 4 mai et 2 octobre dernier.
Le suivi du
fonctionnement de l'institution judiciaire
L’avancée de l’enquête et les conditions dans
lesquelles elle est conduite face à ces témoignages que nous relatons au doyen
des juges d'instruction du tribunal de Papeete au fur et à mesure qu'ils nous
parviennent sont plus que jamais des préoccupations essentielles, d’autant
plus que tous les observateurs ne cessent de nous
dire que les retombées politiques de l’enquête seraient trop importantes
pour que celle-ci aboutisse.
Néanmoins, avec vous tous, fort nombreux qui nous soutenez et nous encouragez à poursuivre notre action, nous voulons croire que nous pouvons encore aujourd’hui garder l’espoir que la justice aura la volonté et le courage de se donner les moyens appropriés pour faire aboutir cette enquête, alors même que les principaux auteurs de cet assassinat et leur meneur au moment des faits sont aujourd’hui identifiés avec de plus en plus de certitude.
Info
et commentaires à la date du 2 octobre 2006
A tous nos amis membres et sympathisants du comité de soutien,
Notre
dernier communiqué remonte à cinq mois environ. Nous y indiquions notre
certitude quant à l’assassinat commis sur la personne de Jean-Pascal COURAUD,
alias JPK, en décembre 1997 par des personnes salariées d’une structure
administrative, très certainement à l’occasion d’un interrogatoire version
commando, qui aurait mal tourné. Cette structure deviendra le GIP, groupement
d’intervention de la Polynésie, quelques mois après.
Notre
volonté de garder une certaine neutralité, nous avait décidé à ne pas vous
signaler et à s’abstenir de commenter les évènements intervenus de mai à
septembre 2006 concernant la reprise en main progressive de l’ex- GIP par le
Ministère de l’équipement, son ministère de tutelle. Les faits nous ont
semblé par ailleurs tout à fait significatifs en eux-mêmes (blocages du port,
grèves illégales, occupations de locaux, agressions physiques, …). Nous
notons aujourd’hui simplement qu’un petit groupe d’agents ont été
licenciés pour fautes lourdes, et que les blocages et occupations des locaux
administratifs ont cessé depuis une dizaine de jours, après plusieurs mois
d’occupation. De l’avis de nombreux observateurs, ce retour à la normale ne
pourra que faciliter la recherche de la vérité auprès des protagonistes
supposés de l’affaire JPK. Par ailleurs, toutes les personnes impliquées par
Vetea Guilloux figureraient parmi les agents licenciés.
Dans
quelques jours, le 5 octobre, un nouveau rendez-vous avec le juge
d’instruction Steimbach a été fixé à la partie civile. Il semblerait que
le juge souhaite surtout entendre directement la partie civile suite à nos précédentes
déclarations relatives aux dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. Ces
accusations s’appuient sur des éléments précis et incontestables qui ont déjà
été ouvertement révélés lors de notre dernier entretien du mois de mai 2006
avec la juge Barruol qui n’avait pas jugé utile d’acter ces déclarations
par un procès-verbal d’audition. Pourtant, trois membres du bureau du comité
de soutien ont été ensuite entendus par la gendarmerie dans le courant du mois
d’août 2006 simplement pour connaître l’origine de ces accusations qui
mettent en cause l’objectivité et le rôle du parquet de Papeete dans ce
dossier.
Aussi,
nous nous permettons d’attirer l’attention de nos amis et sympathisants sur
un article du Canard enchaîné du 27 septembre 2006 intitulé «Le
procureur de Tahiti adore Chirac », épinglant le comportement du même
procureur de la république, Jean Bianconi. Celui-ci, en octobre 2004, avait
traité les révélations de Vetea Guilloux au mépris des règles de droit les
plus élémentaires (voir nos précédents communiqués de la fin d’année
2004 sur le site du comité de soutien).
Mais
au delà de dysfonctionnements, nous demanderons également l’audition de
diverses personnes disposant d’informations extrêmement utiles pour l’enquête.
Nous espérons enfin, plus d’un an et demi après notre deuxième dépôt de
plainte, que le juge chargé de l’affaire aura enfin pris véritablement
connaissance de l’ensemble des éléments du dossier afin d’être à même
de mener une discussion constructive avec la partie civile, ce qui n’a
malheureusement jamais été le cas jusqu’à présent. Un nouveau communiqué
vous sera transmis ces prochains jours à l’issue de ce nouvel entretien avec
le juge d’instruction.
Informations à la date du 4 mai 2006
A tous nos amis membres et sympathisants du comité de soutien,
Près
de 4 mois se sont écoulés sans qu’aucune nouvelle information ait été donnée
sur l’enquête relative la disparition de Jean-Pascal Couraud car il est
important en effet de veiller à ce que celle-ci se déroule avec toute la discrétion
possible, d’autant plus qu’elle s’éxécute dans un climat de peur et dans
un contexte politique et judiciaire très particulier.
Toutefois,
suite à l’entrevue qui a eu lieu le 3 mai entre la famille de Jean-pascal et le juge
d’instruction Madame Barruol, il nous a semblé utile et nécessaire de faire
un point succinct de la situation du dossier, sans rien révéler du déroulement
de cette enquête qui se poursuit actuellement.
En
effet, diverses informations ont été données ces dernières semaines à la
famille de Jean-pascal, de différentes sources indépendantes, qui ne laissent planer
aucun doute sur la réalité de l’assassinat qui a été commis le 15 décembre
1997 au large de Papeete sur la personne de Jean-Pascal Couraud, par des salariés
d’une structure administrative qui prendra la dénomination de G.I.P.
(groupement d’intervention de la Polynésie) quelques mois plus tard. Ceci est
désormais devenu pour nous une certitude. Mais notre difficulté aujourd’hui
est d’obtenir de l’appareil judiciaire la mise à jour de la réalité de
cet assassinat afin que leurs auteurs et leurs complices puissent être jugés
et punis pour ces actes odieux et criminels.
Par ailleurs, nous avons été également témoin dans cette affaire, et ce depuis les toutes premières révélations de Vetea Guilloux en octobre 2004, des graves dysfonctionnements de l’institution judiciaire. Tout ceci a été à nouveau confirmé par des révélations faites spontanément à la famille de Jean-pascal au cours de ces dernières semaines par plusieurs sources fiables et indépendantes de l’enquête. Les personnes à l’origine de ces dysfonctionnements et ceux qui y participent sont désormais connus mais compte tenu du déroulement de l’enquête en cours, il apparaît qu’il n’est actuellement ni utile ni souhaitable de révéler ces différents éléments sur lesquels nous reviendrons certainement plus en détail le moment venu. Toutefois, la nature des entraves et des pressions exercées montre clairement que certaines personnes bien placées dans le milieu judiciaire sont disposées à utiliser tous les moyens possibles, y compris ceux contraires à la loi, pour empêcher l’enquête d’aboutir et de révéler les auteurs, leurs complices, ainsi que les vrais responsables de cet assassinat.
Informations à la date du 10 janvier 2006
Nous
sommes bien sûr tous dans
l’espoir que notre démarche pour la recherche de la vérité sur les
conditions de la disparition de Jean-Pascal Couraud trouvera une issue favorable
au cours des prochains mois afin notamment de nous permettre de faire le deuil
de la perte d’un être cher disparu déjà depuis plus de 8 ans..
Notre
dernier communiqué de la fin d’année 2005 apportait une note d’espoir
suite aux éléments d’information qui nous avaient été transmis par le juge
Barruol à propos des modalités de réalisation de l’enquête sur cette
disparition.
Nous
devons malheureusement aujourd’hui vous faire part d’éléments provenant
d’une source bien informée qui confirmeraient à nouveau que certaines
personnes, tenues naturellement informées du déroulement de cette enquête de
par leur position au sein même de l’institution judiciaire, continuent à œuvrer
dans l’ombre afin de contrecarrer le travail des enquêteurs. Ainsi, plusieurs
personnes mises sur écoute téléphonique il y a déjà plusieurs semaines,
auraient été délibérément prévenues afin d’ôter aux enquêteurs une des
rares possibilités d’obtenir d’éventuelles preuves d’un assassinat, qui,
pour de nombreux observateurs, apparaît pourtant aujourd’hui avec de plus en
plus de certitudes comme étant la cause de la disparition de Jean-pascal. Ce
comportement indigne est par ailleurs un nouveau révélateur du trouble et de
la crainte suscités par le déroulement de cette enquête.
Les mots nous manquent pour exprimer nos sentiments face à de telles dérives. Mais à nouveau, apparaît le doute quant à la volonté de tous de permettre à l’enquête d’établir la vérité sur cette disparition.
Informations à la date du 28 décembre 2005
Les membres du Comité de soutien pour la recherche
de la vérité sur la disparition de Jean-pascal se sont réunis en assemblée générale
annuelle le vendredi 2 décembre 2005 à partir de 18 heures à l’hôtel Shératon
afin de délibérer sur l’ordre du jour suivant :
-
point sur l’enquête en cours
-
rapport moral et financier
-
renouvellement du bureau
-
questions diverses.
Malgré l’existence d’un barrage à l’entrée ouest de la ville de Papeete
instauré depuis le début de journée du vendredi 2 décembre par des
syndicalistes, l’assemblée générale a été maintenue, sachant que
plusieurs personnes ne se sont pas déplacés pour cette raison. 20 personnes étaient
néanmoins présentes ; et compte tenu des procurations envoyées,
l’assemblée a pu valablement délibérer.
Le procès-verbal détaillé de cette assemblée générale
sera envoyé par voie postale à nos adhérents, dont l’adresse nous a bien été
communiquée.
Le
point sur l’enquête en cours:
La famille de Jean-Pascal, sa mère, sa sœur et ses deux frères ont rencontré
le juge Barruol le 23 novembre 2005 en présence de leur avocat James Lau, afin
d’être tenu informé de l’état d’avancement et du déroulement de
l’enquête sur la disparition de Jean-pascal.
Le juge Barruol a indiqué que les investigations
avaient été confiées à la gendarmerie, qui, sur la base d’un plan d’enquête
pré-établi, lui rendait compte régulièrement de son état d’avancement.
Une équipe a été constituée à temps plein afin de travailler sur ce
dossier, composée au départ de quatre gendarmes, puis de deux, puis à nouveau
quatre. Toutes les pistes sont systématiquement et minutieusement étudiées.
Il a par ailleurs été indiqué qu’il avait été au départ nécessaire
d’attendre que le complément d’enquête mené par la cour d’appel dans le
cadre des révélations faites par Vetea Guilloux se termine pour démarrer véritablement
les investigations relatives à la plainte pour assassinat. A ce stade,
l’ensemble du dossier d’enquête relatif aux déclarations de Vetea Guilloux
a été versé au dossier instruit par Madame Barruol et la cour d’appel
attend les conclusions de cette enquête pour statuer sur le caractère
calomnieux des déclarations de Vetea Guilloux. Rappelons que les éléments
issus de l’instruction de l’affaire Guilloux, selon la famille de Jean-pascal, a
renforcé l’accusation d’assassinat émise dans le cadre de la plainte déposée
en décembre 2004.
Le juge a souligné l’importance exceptionnelle des
moyens humains affectés par la gendarmerie à cette affaire. Elle a par
ailleurs indiqué avoir sollicité et obtenu la nomination d’un deuxième juge
pour suivre ce dossier, compte tenu de la complexité de l’affaire et son
caractère particulièrement sensible. C’est le nouveau doyen des juges
d’instruction qui a été ainsi désigné pour assister Madame Barruol,
celle-ci conservant la responsabilité de la conduite du dossier. Madame Barruol
a également tenu à préciser qu’elle abordait ce dossier avec le seul souci
de la recherche de la vérité, sans aucune autre préoccupation.
Globalement, les propos tenus par le juge ont très
nettement rassuré la famille de Jean-pascal qui considère effectivement que l’enquête
semble être désormais conduite de manière appropriée.
Concernant son déroulement proprement dit, l’enquête
devrait encore se poursuivre pendant plusieurs mois au cours desquels toutes les
personnes concernées seront entendues ou réentendues. Par ailleurs, les
perquisitions effectuées au début du mois de novembre au GIP et au siège du
Tahoera’a ont mis en évidence des éléments qui pourraient s’avérer déterminants
pour la suite de l’enquête.
La famille de Jean-pascal sera tenue informé du déroulement
de l’enquête au fur et à mesure de l’avancée des investigations futures
et des résultats obtenus.
Papeete, le 28 octobre 2005
Le jugement rendu par la cour d’appel de Papeete le 27 octobre 2005 à l’encontre de Vetea Guilloux dans le cadre de son procès pour dénonciation calomnieuse et dénonciation mensongère constitue une étape importante et utile dans le combat que la famille et les amis de Jean-Pascal Couraud mènent depuis un an afin de faire apparaître la vérité sur les causes de sa disparition en fin d’année 1997
Les déclarations de Vetea Guilloux portaient sur deux points essentiels :
- le fait qu’il avait assisté à un enlèvement effectué par le GIP qui aurait eu lieu à l’issue d’une filature qu’il aurait effectué le soir de la disparition de Jean-pascal : sur ce point précis, Vetea Guilloux est condamné pour déclaration mensongère, ce qui est selon nous logique car nous savions dés le début que cet élément, tel que raconté par Vetea Guilloux, ne cadrait pas avec le déroulement connu de la dernières soirée de Jean-Pascal.
La famille de Jean-Pascal Couraud (JPK) a pu prendre connaissance récemment des dernières pièces du dossier d’instruction établies fin mai 2005, dans le cadre de la plainte pour dénonciation calomnieuse déposée par Rere Puputoki et les deux salariés du Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP) accusés par Vetea Guilloux d’avoir assassiné JPK.
Aucune avancée véritable pour ce qui concerne notre préoccupation essentielle, à savoir la recherche de la vérité concernant les causes de la disparition de Jean-Pascal. Par contre, au fil des auditions, il apparaît indispensable de clarifier le rôle de la cellule d’espionnage qui fonctionnait déjà à cette époque, quelques mois avant la création du GIP, et qui effectuait une filature rapprochée de Jean-pascal durant la période où celui-ci a disparu.
Ainsi, comme nous l’avons déjà mentionné, une autre personne employée par cette cellule d’espionnage (qui n’est pas Vetea Guilloux), reconnaît avoir été en charge avec une de ses collègues, d’une surveillance de Jean-pascal dans ses activités et déplacements quotidiens, y compris jusqu’à son domicile de Te Maru Ata.
Par ailleurs, les déclarations des deux principaux responsables de cette cellule sont contradictoires. L’un reconnaît effectivement avoir fait procéder à cette filature, indiquant notamment l’intérêt qui était porté aux relations conjugales de Jean-pascal et aux fréquentations de son épouse, l’autre niant totalement toute filature à son encontre.
Nous avons noté un témoignage d’un autre employé de cette cellule indiquant, que durant l’année 2004, il avait été licencié du GIP pour avoir refusé de porter des coups sur un journaliste trop ouvertement critique envers la personne de Gaston Flosse.
Par ailleurs, le ministre du Gouvernement Temaru et son collaborateur qui avaient reçu en octobre 2004 les premières confidences de Vetea Guilloux relatives à l’assassinat commandité de Jean-pascal, ont réitéré auprès des gendarmes leurs premières déclarations quant aux conditions précises dans lesquelles ces confidences ont été effectuées. Aussi, il semble bien que l’hypothèse d’une manipulation à caractère politique puisse être désormais écartée.
Nous attendons maintenant avec impatience que la justice se prononce, d’une manière ou d’une autre, dans le cadre de la procédure d’appel engagée par Vetea Guilloux contre sa condamnation pour dénonciation calomnieuse. Selon les informations qui ont été communiquées à la famille, le juge Moyer aurait terminé le complément d’instruction qui lui avait été demandé et, le juge Barruol, chargée de l’enquête dans le cadre de la plainte déposée pour assassinat, attendrait une décision de la cour d’appel d’appel pour démarrer véritablement cette enquête.
Sur ce point, comme probablement tous les amis du comité de soutien, nous ne pouvons que regretter l’extrême lenteur de la justice, même si l’on nous explique qu’il s’agit en fait du simple respect des procédures dans le cadre de deux affaires juridiquement distinctes, et pourtant étroitement imbriquées dans les faits.
Pour ce qui nous concerne, nous disons à nouveau notre conviction que le rôle précis de Vetea Guilloux et la véracité de ses déclarations, qui ont variées au fil du temps, ne pourront être établis que dans le cadre de l’instruction de la plainte pour assassinat déposée par la famille de Jean-pascal au mois de décembre 2004. Cette plainte permet en effet d’avoir recours à des moyens plus efficaces et plus contraignants vis à vis des personnes mises en causes ou susceptible d’être impliquées dans cette disparition.
Par ailleurs, à ce stade, même s’il était considéré par la cour d’appel que Vetea Guilloux a menti lorsqu’il dit que ses accusations ont pour origine une discussion avec des salariés du GIP qui lui auraient raconté comment ils ont assassiné Jean-pascal, ceci ne pourrait pas, selon nous, justifier l’arrêt de l’enquête devant être réalisée dans le cadre de la plainte pour assassinat. En effet, les premiers éléments recueillis sur le travail de la cellule d’espionnage qui suivait et espionnait Jean-Pascal pendant la période de sa disparition ne font que confirmer la nécessité d‘une enquête approfondie sur ce point. Enfin, à la lumière de ces éléments, les zones d’ombre qui ont toujours subsistées sur le déroulement de la dernière soirée de Jean-pascal doivent également faire l’objet de nouvelles investigations.
Six mois se seront bientôt écoulés depuis notre première rencontre avec Madame le juge Barruol, chargée de cette affaire. Nous attendons impatiemment une prochaine entrevue qui, nous l’espérons, nous permettra alors de constater de nouvelles avancées, et soutiendra notre espoir de voir la justice œuvrer le plus efficacement possible et avec détermination vers la recherche de la vérité, quelle qu’elle puisse être.
Jusqu’à ce
jour, peu d’informations nouvelles ont été transmises à la famille de
Jean-Pascal Couraud par le conseiller Moyer et la juge Barruol, malgré un réel
travail d’enquête effectué par les gendarmes sur la base des différentes
commissions rogatoires lancées par ces mêmes juges. De nouvelles informations
devraient nous être communiquées très prochainement.
A ce stade, les points qu’ils nous semblent importants de retenir sont les suivants :
1. Concernant les faits établis et nouvellement portés à notre connaissance
Le rôle précis de Vetea Guilloux, les motifs et l’origine de ses déclarations sont loin d’être établis. Ses affirmations sur la filature de Jean-pascal qu’il aurait faite le soir de sa disparition et l’enlèvement auquel il aurait assisté semblent fausses, ce que nous avions fortement suspecté depuis le début.
Néanmoins, Vetea Guilloux travaillait bien à l’époque de la disparition de Jean-Pascal dans une structure para-administrative (la SEP) située dans la mouvance de ce qui était à l’époque la Flottille administrative (et qui sera plus tard le GIP). En fin d’année 1997, période durant laquelle Jean-pascal disparaît, une partie du personnel de la flotille administrative était chargé de protéger la décharge de Paihoro et c’est la SEP qui gérait ce site dans un fort climat d’opposition populaire relayé par les partis politiques. Le soir de la disparition de Jean-pascal, une réunion politique réunissait la plupart des ténors politiques d’opposition sur le site de Paihoro.
Par ailleurs, les conditions dans lesquelles Vetea Guilloux a fait ses confidences, puis ses déclarations écrites, doivent encore être éclaircies sur plusieurs points.
2. Concernant le déroulement de l’enquête :
De nombreuses auditions ont été conduites par les enquêteurs et beaucoup d’entre-elles n’ont pas encore fait l’objet de communications à la famille.
Les gendarmes enquêtent également désormais sur la cellule d’espionnage de la Présidence et ont interrogé de nombreuses personnes à ce sujet.
L’existence de deux procédures distinctes, l’une relative à la véracité des propos de Vetea Guilloux, l’autre relative à la plainte pour assassinat déposée par la famille de Jean-pascal pose un certain nombre de problèmes aux gendarmes chargés de ces enquêtes, qui doivent effectivement travailler d’abord sur les accusations de dénonciation mensongère et calomnieuse dont est accusé Vetea Guilloux, avant de se lancer véritablement dans l’enquête sur les faits éventuels d’assassinat. Cette distinction est importante car les moyens et les méthodes pouvant être utilisées à l’encontre des personnes concernées par ces deux affaires ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit de l’une ou l’autre de ces procédures.
En pratique, les enquêteurs sont en train de terminer leur travail concernant la plainte pour dénonciation calomnieuse et mensongère. L’ensemble du dossier qu’ils ont constitué sera remis ces jours-ci au conseiller à la cour d’appel, M. Moyer. Celui-ci devrait alors rapidement remettre ses conclusions au Président de la cour d’appel qui pourra alors convoquer une nouvelle audience et prononcer le jugement.
A ce stade, même s’il était considéré par la cour d’appel que Vetea Guilloux avait menti lorsqu’il a dit avoir entendu raconter les circonstances de l’assassinat de Jean-pascal par des salariés du GIP, ceci n’entraînerait pas pour autant l’arrêt de l’enquête devant être réalisée dans le cadre de la plainte pour assassinat. En effet, il est notamment important de chercher à connaître le travail précis de la cellule d’espionnage qui suivait et espionnait Jean-Pascal pendant la période de sa disparition et les raisons pour lesquelles cette surveillance était réalisée.
Suite au reportage diffusé sur RFO le lundi 4 avril 2005 citant la famille et les amis de JPK, la famille de Jean-Pascal Couraud, appuyée par le Comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de JPK, souhaitent rappeler le plus succinctement possible les éléments plus que jamais valides à ce stade de l’enquête qui ont motivé le dépôt de plainte pour assassinat et complicité le 8 décembre 2004.
Les 5 et 6 octobre 2004, un ministre du Gouvernement Temaru recueille les premières déclarations de Vetea Guilloux, salarié du GIP, qui avoue sa participation à un commando de 5 personnes, ayant enlevé, torturé puis assassiné Jean-Pascal Couraud. Le ministre se dit convaincu de la véracité de ces propos tenus sous la forme d’aveux émanant d’une personne qui n’arriverait plus à porter le lourd fardeau de tels actes. Deux des 5 membres de ce commando sont décédés depuis et Vetea Guilloux laisse entendre que les causes de ces décès ne sont pas établies avec certitude.
Informations à la
date du 29 mars 2005 L’existence d’une cellule
d’espionnage au sein du GIP est confirmée Pour ce faire, le Président du
Territoire a procédé ou fait procéder au recrutement d'agents de
renseignements d'origines militaires pour mettre en place au sein de son
institution un service d'études et de documentation
ainsi qu'une cellule d'espionnage. Le responsable de cette cellule était
chargé de la formation et l'attribution des missions à son personnel. Selon
certains témoins, il arrivait au chef de cette cellule de féliciter au nom du
président les personnels pour la qualité du travail accompli.
Ainsi, lorsque Vetea Guilloux affirme qu’il avait été chargé par ses supérieurs
d’une mission de surveillance et d’espionnage à l’encontre de JPK, il dit
vrai. Le
GIP se rebelle
Sur ce point, nous avons été fort surpris de lire à plusieurs reprises dans
les journaux polynésiens, qu’un des motifs présenté comme étant à
l’origine de la rébellion d’une partie du personnel du GIP soutenue par son
ancienne direction tenait dans les accusations qu’avaient énoncées Vetea
Guilloux, Robert Maker étant faussement accusé d’en être à l’origine. Françoise
Dreuilhe, Philippe et Olivier Couraud (la mère et les deux frères de Jean-pascal), ont
été entendus par le juge Barruol le 22 février 2005 pendant plus de deux
heures, en présence de leur avocat, maître James Lau. L’entretien
avait pour but d’une part, d’informer la famille du déroulement des procédures
en cours et des moyens mis en œuvre, et d’autres part, de discuter plus précisément
des différentes pistes que la famille souhaitait voir explorer lors de l’enquête.
La famille a notamment pris connaissance des termes de la commission rogatoire
lancée par le juge. Il a bien sûr
été demandé à la famille de respecter la règle du secret de
l’instruction, qui est nécessaire afin de permettre aux enquêteurs
d’effectuer leur travail dans le calme, avec toute la discrétion qui
s’impose. La famille de Jean-pascal souscrit bien évidemment à cette règle. S’appuyant sur la participation de
ses membres et sympathisants constatée au cours des trois derniers mois, le
bureau du comité, réuni le 11 février 2005, a décidé de participer pour
moitié aux différents de frais de justice engagés par la famille de
Jean-Pascal Couraud dans le cadre cette procédure. La famille de
Jean-pascal tient à remercier à nouveau chaleureusement toutes les membres et
sympathisants du comité du soutien qui leur ont apporté leur soutien pendant
cette période difficile.
En ce début du mois de février,
c’est avec une réelle satisfaction que nous constatons que la justice démarre
un vrai travail d’enquête autour des déclarations de Vetea Guilloux et
autour des faits qu’il mentionne comme étant à l’origine de la disparition
de Jean-pascal. En effet, le conseiller à la
cour d’appel, Monsieur Moyer, poursuit ses auditions de manière très large,
d’une part afin de déterminer si Vetea Guilloux n’aurait pas pu être
manipulé par des opposants politiques à Gaston Flosse, et d’autres part afin
de vérifier également si Vetea Guilloux ne serait pas un affabulateur ayant
inventé de toutes pièces un scénario d’enlèvement et d’assassinat par le
GIP. Ces vérifications sont indispensables et constituent effectivement un préalable
utile avant l’enquête qui doit être conduite autour des personnes impliquées
par Vetea Guilloux. Une partie des interrogatoires
est menée par la même brigade de recherche de la gendarmerie qui, sous
l’autorité du procureur Bianconi, avait obtenu une première rétractation de
Vetea Guilloux conduisant à un jugement en comparution immédiate et à
l’emprisonnement de Vetea pour propos mensongers et calomnieux. Nous espérons
bien sûr que le nouveau travail d’investigation en cours dans le cadre de la
procédure d’appel ne sera pas perturbé par les premières conclusions déjà
émises par la même brigade de recherche à propos de ces déclarations en
octobre 2004. Le juge Barruol entendra une
première fois la famille Couraud, partie civile, le 21 février 2005, dans le
cadre de la plainte déposée pour assassinat et complicité. Nous serons bien sûr
attentif et vigilant quant au déroulement de cette enquête, mais c’est avec
un vrai soulagement que nous assistons à la mobilisation des moyens de la
justice afin d’aider à la recherche de la vérité sur la disparition de
Jean-pascal. Nous remercions les media locaux
et nationaux, qui à ce jour, se sont fortement mobilisés en alertant
l’opinion et en soulignant la gravité des accusations proférées par Vetea G .
Cette mobilisation a par ailleurs permis d’amplifier notre demande de justice
et vérité sur toute cette affaire, demande désormais
reprise par un très grand nombre de personnes en France et en Polynésie. Le reportage de Pierre Hurel
d’une durée de 16 minutes « Dans les eaux troubles de Tahiti » a
été diffusé le 6 juin sur TF1. Il a considérablement touché les neufs
millions de téléspectateurs de l’émission. L’affaire a été amplement
discutée dans les milieux politiques et judiciaires. La bande son du reportage
peut actuellement être écoutée via Internet (voir nos
liens presse). Saisi par Gaston Flosse, le CSA
a considéré que la diffusion de ce reportage pouvait être un motif
d’annulation des élections du 13 février et a demandé à la chaîne TF1 de
lui accorder un droit de réponse. Mais Gaston Flosse a refusé son droit de réponse
et a porté plainte pour diffamation contre TF1 avec une demande de 15 millions
de Fcp de dommages et intérêt. La 17ème chambre correctionnelle a
débouté Gaston Flosse de toutes
ses demandes lors de son audience du 11 février. Une heure a été nécessaire
pour que les avocats s’accordent sur un communiqué que Claire Chazal a lu le
soir même lors du journal de 20 heures de TF1. Dans ce communiqué, TF1 précise
qu’il n’avait jamais eu intention dans son reportage d’indiquer que Gaston
Flosse portait une quelconque responsabilité dans la disparition de Jean-Pascal
Couraud. Pierre Hurel, reporter du magazine 7 à 8, nous a fait part de sa
grande satisfaction de voir que le tribunal avait jugé son reportage non
diffamatoire. TF1 s’est toutefois engagé à ne plus diffuser ce reportage en
Polynésie compte tenu de la période électorale en cours. Aussi, à cette occasion, nous
tenons à rappeler que la famille de Jean-Pascal Couraud ainsi que tous ses amis
réunis au sein du comité de soutien, face aux terribles propos de Vetea
Guilloux, n’ont jamais porté d’accusation sur telle ou telle personne, ni
émis une quelconque hypothèse sur d’éventuelles responsabilités. Nous
avons plus que jamais besoin de savoir. Nos demandes à ce jour n’ont été
adressées qu’à la justice afin qu’elle nous aide de manière totalement
impartiale à établir la vérité sur les causes possiblement criminelles de la
disparition d’un être cher. Après le dépôt d’usage d’une consignation au greffe
du tribunal le 21 décembre 2004 et le réquisitoire introductif rédigé par le
procureur la première semaine de janvier 2004, il semble qu’enfin
l’institution judiciaire se prépare à reprendre l’enquête sur la disparition
de Jean-pascal puisque le juge chargé de l’instruction de la plainte pour assassinat
et complicité déposé par la famille Couraud au début du mois de décembre
2004 vient d’être désigné. Il s’agit de Madame Anne BARRUOL, deuxième juge
d’instruction au tribunal de Papeete. Il semblait évident pour beaucoup que
ce serait le juge TALIERCIO qui serait désigné pour cette instruction puisque
c’est lui qui avait été en charge de la première enquête, mais le tribunal
en a décidé autrement. L’heure n’est pas aux commentaires sur les motifs
possibles de ce choix. Il faut surtout considérer avec satisfaction qu’une
enquête véritable va pouvoir reprendre à la lumière des déclarations de
Vetea Guilloux. Aidée de James LAU, leur avocat, la famille Couraud, appuyée
par le Comité de soutien, pourra désormais suivre le déroulement de cette
enquête, qui sera par ailleurs soumise à la règle du secret de
l’instruction. La famille Couraud envisage par ailleurs de demander que des
documents témoignant des réactions à chaud des responsables du GIP, constatées
lors du débat sur le vote de la motion de censure suite à la révélation des
déclarations de Vetea Guilloux, soient versés au dossier d’instruction. Comme cela était pressenti, plusieurs journalistes au sein
de media de forte audience, sont décidés à suivre de prés toute l’affaire.
Pierre Hurel, reporter du magazine d’information télévisée SEPT A HUIT,
diffusée tous les dimanche soirs sur TF1, était présent à Tahiti du 3 au 10
janvier. Il a réalisé un
reportage de 15 minutes qui contient notamment un interview de Vetea Guilloux et
une réaction de Gaston Flosse interrogé sur l’existence d’une cellule
d’espionnage au sein du GIP. Ce reportage devrait être diffusé le dimanche 6
Février 2005 (il est visible en Polynésie avec un abonnement TNS). Un journaliste de France télévision prépare par ailleurs
un reportage d’une heure environ sur le sujet, prévu pour être réalisé
dans le courant du mois de mars 2005. A ce jour, la famille de Jean-Pascal et le Comité de
soutien qui s’était adressé au Garde des sceaux pour solliciter son
intervention n’ont reçu aucune réponse à leur courrier.
Informations à la
date du 22 février 2005
La famille de Jean-pascal a été reçu
par Madame le juge Barruol, en charge de l’instruction de la plainte pour
assassinat
Le respect du secret de l’instruction
Le soutien actif du comité
Informations à la
date du 12 février 2005
Le juge d’instruction commence
des auditions
Les interventions des media
Informations à la date du 15 janvier 2004
Le juge d’instruction a été désigné
La mobilisation des média se poursuit
Aucune réponse du Garde des Sceaux
Informations du 13 au 17 décembre
2004
Cette semaine du 13 au 17 décembre
2004 a d’abord été marquée par la forte médiatisation de toute l’affaire
JPK, provoquée par le dépôt de plainte pour assassinat effectué quelques
jours plus tôt par la famille de Jean-Pascal et la lettre ouverte adressée au
garde des sceaux par le comité de soutien. La remise symbolique d’une copie
de cette lettre au procureur de la république de Papeete par le comité de
soutien et l’hommage rendu à Jean-Pascal au cimetière de la pointe des pêcheurs
le 15 décembre, jour anniversaire de la disparition, ont soutenu la
mobilisation des media.
Suite aux articles parus
les 14 et 15 décembre dans Libération (Didier Hassoux) et Le Monde (Jean-Louis
Saux), plusieurs autres grands media français et même étrangers ont relayé
l’information (notamment France Soir, RTL, le Sunday Times, Canal +). TF1 a prévu
d’envoyer début janvier une équipe du magazine 7 à 8 pour préparer un
reportage sur le sujet. La presse locale a également relayé ces évènements,
cherchant par ailleurs à faire mentionner par la famille de Jean-pascal les zones
d’ombre relatives au rôle toujours incertain de certaines personnes de
l’entourage de Jean-Pascal le soir de sa disparition. Françoise Dreuilhe, la
mère de Jean-Pascal, a été interviewé par Radio 1 et La Dépêche sur ce
point. Elle a par ailleurs confié à RFO la peine que peut avoir une mère face
à de tels évènements.
Cette forte médiatisation a apporté un peu de soulagement aux membres du comité de soutien et à la famille de Jean-pascal qui savent désormais que des millions de personnes sont désormais comme eux dans l’attente de la vérité, faisant ainsi peser le poids de l’opinion sur l’institution judiciaire.
Une réponse formelle du Garde
des Sceaux est attendue par la famille et le comité de soutien.
Mais, en cette fin de semaine, l’espoir renaît désormais qu’une véritable instruction pourra prochainement démarrer sur le fonds, c’est à dire l’implication possible des personnes du GIP mises en cause par Vetea Guilloux dans la disparition de Jean-pascal.
Informations "à chaud" au 15 Décembre 2004
Sit-in plutôt positif suite à la rencontre d'une délégation du comité de soutien avec le procureur qui accepte d'étudier toutes les pistes dans le cadre de l'ouverture d'une nouvelle enquête faisant suite au dépôt de plainte contre X. Environ 50 personnes...très médiatisé.
Cérémonie émouvante à la Pointe des Pêcheurs. La famille et les proches, quelques membres du comité, présence de RFO.
Informations
au 11 décembre 2004
La famille de Jean-Pascal Couraud a déposé une plainte contre x des chefs d’assassinat et complicité d’assassinat auprès du doyen des juges d’instruction de Papeete espérant ainsi une ré ouverture de l’enquête sur les conditions de la disparition de Jean-pascal et sur l’implication éventuelle des personnes mises en cause par Vetea Guilloux.
Le comité de soutien s’est par ailleurs joint à la famille pour attirer l’attention du Garde des Sceaux sur l’attitude du procureur général et du procureur de la république dans la manière de traiter ce dossier et solliciter son intervention.
Dans l’attente de la réponse du Garde des Sceaux, le comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-pascal veut manifester sa détermination pour obtenir la pleine collaboration de la justice.
Ainsi, comme décidé lors de l’assemblée générale du 28 novembre, le comité appelle tous ses membres et sympathisants à se réunir pacifiquement devant le palais de justice de Papeete, le mercredi 15 décembre 2004 a 11 heures, jour anniversaire de la disparition de Jean-Pascal Couraud, pour réclamer simplement JUSTICE ET VÉRITÉ .
Un hommage et une cérémonie
de prières en la mémoire de Jean-Pascal seront par ailleurs organisés le même
jour à 17 heures 30 au cimetière de la pointe des pêcheurs à Punaauia.
Informations
au 4 décembre 2004
Tenant compte de la position du procureur général, la famille de Jean-Pascal Couraud assisté de leur avocat, déposera au cours des prochains jours une plainte contre x des chefs d’assassinat et complicité d’assassinat auprès du doyen des juges d’instruction de Papeete, espérant, sans pouvoir en être certain, que cette plainte permettra une reprise rapide de l’instruction sur les conditions de la disparition de Jean-Pascal Couraud.
N’ayant jamais pu savoir ce qui s’était réellement passé le soir du 15 décembre 1997 au domicile de Jean-pascal, les récentes déclarations de Vetea Guilloux sont venues éclairer d’un jour nouveau l’ensemble du dossier. Il n’est plus possible désormais de privilégier l’hypothèse d’un suicide dans la mesure où les éléments qui sont à l’origine des doutes qui subsistaient encore jusqu’à aujourd’hui sur le déroulement de cette soirée, peuvent en fait étayer l’hypothèse d’un enlèvement suivi d’un assassinat.
Le temps déjà écoulé est aujourd’hui un obstacle supplémentaire à la mise à jour de la vérité sur les conditions de cette disparition et seules de nouvelles investigations conduites sans délai et avec toute la détermination voulue pourront peut être permettre d’établir cette vérité.
Aussi, la famille et le comité de soutien s’adressent également au Garde des Sceaux pour dire leur espoir que le souci de rechercher toute la vérité sur une mort dont les causes pourraient être criminelles, prendra le pas sur toute autre considération, et lui demandent de donner rapidement aux autorités judiciaires compétentes les instructions qui s’imposent et que leur dicte la Loi.
L’organisation
d’un sit-in au palais de justice de Papeete le 15 décembre 2004 à 11 heures,
suivi d’un hommage au cimetière de la Pointe des pêcheurs à Punaauia à
17h30 heures
Dans l’attente de la réponse qui sera donnée par le Garde des Sceaux à cette demande, le comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-pascal souhaite manifester ouvertement sa détermination dans cette affaire et appelle tous ses membres et sympathisants à se réunir pacifiquement devant le palais de justice de Papeete, le mercredi 15 décembre 2004 à 11 heures, jour anniversaire de la disparition de Jean-Pascal Couraud pour réclamer JUSTICE ET VÉRITÉ .
Un hommage et une réunion de prières en la mémoire de Jean-Pascal seront par ailleurs organisés le même jour à partir de 18 heures au cimetière de la pointe des pêcheurs à Punaauia.
60 à 70 personnes (beaucoup de monde pour Tahiti) étaient réunis à la 1ère assemblée générale tenue le vendredi 25 novembre par le comité de soutien à JPK. Cette assemblée générale a été précédée par une conférence de presse où ont été commentées la lettre ouverte adressée au procureur le 23 novembre et la réponse écrite qu’il a faite le jeudi 25 novembre.
La réunion s'est bien déroulée et les membres présents
ont souhaité des actions significatives. D'ores et déjà est prévue une réunion
à midi au palais de justice le 15 décembre, jour anniversaire de la
disparition, et sans doute un hommage plus personnel à 18 heures au bord de
l'océan à Punaauia, dans le petit cimetière de la pointe des pêcheurs.
Il a été indiqué à la presse que la thèse du suicide n'était
plus retenue par la famille.
Suite à cette plainte, nous espérons qu’un vrai travail
d'instruction sera désormais réalisé :
-
sur le déroulement
de la dernière soirée de Jean-pascal et le rôle exact de son entourage,
-
sur les écoutes
et la filature que menaient l'équipe de Micheloni lors de la disparition de
Jean-pascal,
-
sur les déclarations
de Vetea Guilloux et le rôle possible des personnes incriminées,
-
sur les derniers
dossiers judiciaires sur lesquels Jean-pascal travaillait personnellement lors de sa
disparition.
Communiqué de presse
Suite au refus persistant de M. Bianconi, procureur de
la République, de ré ouvrir l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal
Couraud, le comité de soutien invite tous les membres et sympathisants qui le
peuvent, à être présents lors de la conférence de presse que donnera le
comité de soutien le vendredi 26 novembre 2004 à 17 h. à l’hôtel
Sheraton.
Par ailleurs le comité rappelle que l’adhésion au
comité peut se faire sur papier libre en envoyant un chèque de 1000 Fcfp au
comité de soutien JPK - BP 140426 Arue. Un site internet www.soutienjpk.org a
également été créé pour faciliter la diffusion des informations auprès des
membres et sympathisants.
Lettre ouverte
à
Monsieur Deby,
Procureur général
Palais de Justice de
Papeete (Polynésie Française)
Objet :
Ré ouverture de l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal Couraud
Suite aux deux entretiens que vous avez eus avec un représentant de la
famille de Jean-Pascal Couraud les lundi 15 et vendredi 19 novembre, nous
souhaitons vous faire part de notre profonde incompréhension devant votre refus
de rouvrir l’enquête sur la disparition de JPK.
Vous avez en effet indiqué
le vendredi 19 novembre « être convaincu que Jean-Pascal Couraud était
effectivement suivi, écouté, surveillé par un ou plusieurs salariés de la
flottille administrative (depuis GIP) pendant la période précédant sa
disparition », ceci en toute illégalité. Vous considérez donc sur
ce point que les propos de Vetea Guilloux sont véridiques. Celui-ci avait
notamment déclaré qu’un ancien membre de la DGSE, Félicien Micheloni était
à la tête de cette équipe de surveillance et d’espionnage et qu’il avait
démarré la filature de JPK juste après un stage de formation de 3 semaines
environ qui s’était déroulé dans un camp d’entraînement situé en Corse.
Qu’attendez-vous pour interroger cette personne ?
M. Bianconi, procureur de la
république, a également indiqué le vendredi 19 novembre que « la décision
de juger Vetea Guilloux en comparution immédiate suite aux accusations
d’assassinat qu’il avait proférées n’était peut-être pas appropriée »,
prenant acte sur ce point de la décision de la cour d’appel de Papeete
d’ordonner un supplément d’informations afin de déterminer plus précisément
les parts de vérité et de mensonges contenues dans les déclarations de Vetea
Guilloux. Malgré ces déclarations, certes données lors d’un entretien privé,
le procureur de la république persiste à refuser de rouvrir l’enquête sur
la disparition de JPK, empêchant ainsi la jonction de ces deux affaires qui
sont évidemment liées.
Vous reconnaissez également
explicitement que « des doutes sérieux existent encore aujourd’hui
quant au déroulement exact de la dernière soirée de JPK à son domicile ».
Selon des propos tenus en privé, vous considérez, tout comme la famille et les
proches de JPK, que « les éléments objectifs connus dans cette
affaire auraient dû conduire à des investigations beaucoup plus sérieuses et
beaucoup plus poussées dés le lendemain de la disparition ».
Ainsi, considérant
l’affaire sur le fond, le nouvel examen de tous les faits connus et la prise
en considération des nouveaux éléments du dossier font que la thèse du
suicide est désormais abandonnée par la famille de JPK. Il semble possible en
effet qu’une mise en scène ait été
construite de toute pièce afin d’orienter la famille vers la version d’un
suicide, ceci probablement pour cacher un crime qui a pu être commis de manière
préméditée ou accidentelle. Plusieurs hypothèses beaucoup plus plausibles
que le suicide sont désormais envisagées, certaines impliquant effectivement
des salariés de la flottille
administrative. C’est justement pour confirmer ou infirmer ces différentes
hypothèses que l’enquête doit être reprise sérieusement par des
professionnels, plutôt que de laisser la famille et les proches reprendre un
difficile et douloureux travail qu’ils avaient dû déjà effectuer dans les
jours ayant suivi la disparition, sans pouvoir s’appuyer sur la pleine et entière
collaboration de la justice et de la gendarmerie.
Malheureusement, Monsieur le
procureur général, comme vous l’avez ouvertement affirmé et reprenant vos
propos, « vous craignez aujourd’hui les retombées politiques
qu’aurait inévitablement la ré ouverture de l’enquête sur cette
disparition, dans la mesure où l’opinion interpréterait une telle décision
comme un signe de la véracité des accusations de Vetea Guilloux ».
Nous pensons plutôt que c’est ce point qui est en réalité à l’origine du
refus de ré ouverture de l’enquête par le ministère public.
Et pourtant, l’existence
de charges nouvelles ne pouvant être niée, la loi oblige le procureur de la république
à rouvrir cette enquête suite à la demande de la famille de JPK, et ce dans
les plus brefs délais afin de conserver quelques chances de faire un jour éclater
Aussi, le
Comité de soutien pour la ré ouverture de l’enquête et la recherche de la vérité
sur la disparition de JPK vous informe de son intention de faire directement
appel au Garde des Sceaux pour lui demander d’intervenir afin que la loi soit
effectivement respectée dans cette affaire, puisque malheureusement, cela ne
semble pas actuellement être dans vos intentions.
Nous vous prions d’agréer,
Monsieur le procureur général, l’expression de notre considération distinguée.
Le comité de soutien
Un représentant de la famille de Jean-Pascal Couraud a été reçu deux fois en quelques jours par le procureur général et le procureur de la république qui ont souhaité expliquer à la famille leurs positions dans cette affaire durant presque deux heures et demi d’entretien. La dernière entrevue a eu lieu vendredi 19 novembre, le lendemain du délibéré du jugement d’appel ayant permis la remise en liberté de Vetea Guilloux.
Jusqu’à la fin, le procureur de la république a maintenu son refus de ré ouvrir l’enquête pour charges nouvelles, justifiant sa décision en affirmant qu’aucun des éléments de la situation actuelle ne constituait des charges nouvelles.
Les déclarations du procureur de la république et du procureur général montrent bien au contraire l’existence de véritables charges nouvelles.
Premier élément : le procureur général affirme que suite aux diverses déclarations recueillies, dont celles de Vetea Guilloux, il est convaincu que Jean-pascal était effectivement suivi, écouté, surveillé pendant la période précédant sa disparition, ceci en toute illégalité. Ces écoutes étaient effectuées par un ou plusieurs salariés d’un service administratif dépendant de la présidence du Gouvernement de la Polynésie, dirigée alors par Gaston Flosse. Un ancien membre de la DGSE, Félicien Micheloni aurait été à la tête de cette équipe de surveillance et d’espionnage qui fonctionnant au sein de la flottille administrative, qui deviendra plus tard le Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP) en début d’année 1998. Rappelons que le même Vetea Guilloux indique qu’il avait démarré la filature de JPK juste après un stage de formation de 3 semaines environ qui s’était déroulé dans un camp d’entraînement situé en Corse. Malgré la gravité de ces faits susceptibles d’éclairer d’un jour nouveau les conditions de la disparition de Jean-pascal, le procureur maintient que ce ne sont pas des charges nouvelles justifiant la ré ouverture de l’enquête.
Deuxième élément : le procureur de la république reconnaît ouvertement que sa décision de traiter l’affaire Vetea en comparution immédiate n’était peut être pas appropriée. La cour d’appel est effectivement persuadée qu’il n’est pas possible de déterminer la part de vérité et de mensonges contenue dans les propos de Vetea Guilloux sans avoir procédé au préalable à une recherche d’informations supplémentaires à propos de ces déclarations. Rappelons que Vetea Guilloux a d’abord avoué avoir fait partie d’un commando de cinq personnes ayant participé à l’enlèvement et à l’assassinat de Jean-pascal Couraud. Il s’est ensuite rétracté certainement sur les conseils de sa famille, et a élaboré une version dans laquelle il ne participe pas directement à l’assassinat. Il accuse deux salariés du GIP, Tino Mara et Tutu Manate d’avoir effectivement commis seuls cet assassinat. Malgré la gravité des faits évoqués, leur possible vraisemblance, le procureur de la république maintient que la dénonciation de personnes susceptibles d’avoir assassiné Jean-pascal et donc d’être à l’origine de sa disparition ne constituent pas des charges nouvelles justifiant la ré ouverture de l’enquête.
Troisième élément : le procureur de la république et le procureur général reconnaissent ouvertement que des doutes sérieux existent quant au déroulement exact de la dernière soirée passée par Jean-pascal à son domicile. Ils reconnaissent également que les éléments objectifs connus dans cette affaire auraient dû conduire à des investigations beaucoup plus sérieuses et beaucoup plus poussées dés le lendemain de la disparition. Ainsi ils évoquent aujourd’hui, comme la famille, la possible implication de personnes situées dans l’entourage de Jean-pascal à cette époque. Malgré le trouble extrême causé à la famille par de telles affirmations, malgré les nouveaux scénarios de la disparition désormais beaucoup plus plausibles qui peuvent être élaborés à la lumière des faits évoqués ci-dessus, le procureur général maintient son refus de ré ouvrir l’enquête.
Et pourtant ! Le procureur général avait bien affirmé à la famille Couraud, lors du premier entretien du début de semaine, sa décision de ré ouvrir l’enquête quelle que soit la décision de la cour d’appel à propos des déclarations de Vetea Guilloux. Seule l’aurait gêné une confirmation de la condamnation pour propos mensongers et calomnieux, or cela n’a pas été le cas.
Mais le procureur général avait aussi indiqué ce même jour, longuement et à plusieurs reprises, que la situation politique du moment constituait bel et bien un obstacle considérable qui pouvait effectivement l’empêcher de ré ouvrir l'enquête sur la disparition de Jean-pascal. Le procureur a même indiqué ce jour là que l’idéal serait de ré ouvrir l’enquête, mais pas avant quelques mois.
Bien sûr, lors du deuxième entretien du vendredi 19 novembre, une fois connue le délibéré de la cour d’appel, on ne parle plus de la situation politique. Le procureur général et le procureur de la république se réfugient derrière une interprétation de l’article 190 du code de procédure relatif à l’ouverture pour charges nouvelles. Pour le procureur république, les charges nouvelles n’existent pas au sens juridique du terme, et il craint, au cas où il ré ouvrirait l’enquête, que la partie adverse annule la procédure !
Le suicide n’est plus le scénario le plus plausible envisagé par la famille pour expliquer la disparition de Jean-pascal.
Enfin, considérant l’affaire sur le fonds, le nouvel examen de tous les faits connus et la prise en considération des nouveaux éléments du dossier font que la thèse du suicide est désormais abandonnée par la famille. Il semble presque évident aujourd’hui que la mise en scène du suicide a été construite de toute pièce afin d’orienter la famille vers cette hypothèse, ceci pour cacher un crime, qui a pu être commis de manière préméditée ou accidentelle. Un scénario beaucoup plus plausible que le suicide est désormais retenu. C’est justement pour confirmer ou infirmer la possibilité de ce scénario que l’enquête doit être reprise sérieusement.
ET
MAINTENANT ?
La famille et
les proches de Jean-pascal considèrent aujourd’hui que tout ceci ne peut être accepté.
En l’état, le comité de soutien envisage dés le début de la semaine prochaine l’envoi d’une lettre ouverte au procureur général et au procureur de la république demandant bien sûr la ré ouverture de l’enquête, mais aussi la requalification de la plainte sur le motif de l’assassinat avec complicité.
Cette lettre ouverte pourrait être transmise au Garde des sceaux, en lui demandant de rappeler au procureur de la république les règles de droits qui, dans cette affaire, ne peuvent être ignorés. Ce rappel au droit doit conduire à ordonner la ré ouverture immédiate et sérieuse de l’enquête sur la disparition de Jean-pascal avec l’audition rapide des principales personnes concernées.