L'affaire JPK

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    Jean-Pascal Couraud était un opposant à Gaston Flosse, qui agissait ouvertement en ce sens depuis le début de ses activités professionnelles en 1985, en tant que journaliste, puis rédacteur en chef du quotidien, « Les Nouvelles », où il se fait rapidement connaître sous les initiales JPK. En désaccord sur la ligne politique du journal, il est licencié en avril 1988 par ses propriétaires. Jean-Pascal continue ensuite ses investigations autour de Gaston Flosse, en marge de ses activités professionnelles au service de ses opposants politiques, notamment celles qu’il exercera comme chargé de communication de Boris Léontieff à la mairie d’Arue, de 1994 jusqu’à sa disparition en décembre 1997.

A partir de l’année 1996, Jean-Pascal travaille étroitement avec un avocat également engagé professionnellement contre Gaston Flosse ; ils partagent alors des informations sur de nombreux dossiers compromettants et potentiellement sensibles, dont certains mentionnant des personnalités politiques françaises de premier plan.

Se sachant suivi et menacé, cet avocat rédige une note sur les affaires dans lesquelles est impliqué Gaston Flosse. Cette note est subtilisée par un tiers et vendue en août 1997 au Service d’études et documentation (SED), service tout juste créé sous l’autorité du président Flosse. L’implication d’agents des services de l’état (notamment la DGSE) dans la création et le fonctionnement du SED est d’ailleurs clairement établie aujourd’hui, avec un objectif avoué de surveillance des opposants politiques de Gaston Flosse.

Grâce à cette note, le SED connaît ainsi les dossiers sur lesquels Jean-Pascal Couraud est susceptible de se mobiliser. Connu pour être un élément incontrôlable, la possession de ces informations fait de lui un homme dangereux. Une filature de Jean-Pascal COURAUD par les agents du SED débute alors en novembre 1997 jusqu’à sa disparition définitive en décembre 1997.

La famille est tout de suite orientée vers un suicide sur la base d’éléments très succincts et peu fiables. Des zones d’ombre et des doutes jamais levés sur le déroulement de la dernière soirée apparaissent. C’est pourtant cette hypothèse d’un suicide que la famille de Jean-Pascal finit par retenir faute d’autres pistes et fautes d’enquête véritable menée ni par les gendarmes intervenus quelques jours après les faits ni par le juge saisi d’une plainte pour enlèvement et séquestration. L’enquête se concentre sur les mensonges avérés de l’épouse de Jean-Pascal, mais n’aboutit à aucune explication quant à la disparition de Jean-Pascal Couraud.

Le juge d’instruction ne clôture pas l’enquête mais celle-ci est au point mort lorsqu’en octobre 2004, quelques mois après la défaite électorale et la perte de pouvoir de Gaston Flosse, un agent du Groupement d’intervention de Polynésie (GIP) accuse deux de ses collègues d’avoir commis un meurtre sur la personne de Jean-Pascal Couraud, sur l’ordre de leur chef. Sans même saisir le juge en charge de l’enquête, le procureur de  la république fait condamner pour dénonciation mensongère et calomnieuse à une peine de prison ferme, moins de 2 semaines après que ces révélations aient été publiées dans la presse, celui qui dénonçait en réalité un crime.

Toutefois, la famille de Jean-Pascal Couraud parvient à relancer l’enquête dans le cadre d’une nouvelle  plainte pour assassinat et complicité déposée en décembre 2004. De très nombreux indices en faveur d’une origine criminelle de la disparition sont progressivement réunis, très significatifs, tous concordants, dont nombreux ont pour origine les aveux faits en privés par les auteurs des faits auprès de leurs proches, dans diverses circonstances. Cette enquête met par ailleurs en évidence la filature de Jean-Pascal au moment de sa disparition et identifie clairement le mobile possible, tel que cela est mentionné ci-dessus.

En juin et juillet 2013, les 2 agents de l’ex-GIP accusés par leur collègue, Tino MARA et Tutu MANATE, puis leur chef, Rere PUPUTAUKI, sont finalement mis en examen pour meurtre, enlèvement et séquestration en bande organisée.

Aujourd’hui un procès des responsables de la mort de Jean-Pascal COURAUD est envisageable et c’est une nouvelle étape de l’instruction qui est désormais enclenchée donnant espoir que la vérité puisse être prochainement établie et la justice enfin rendue.