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Pourquoi avoir créé un comité de soutien
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Lettre aux juges et pièces jointes n° 1 à 3 Rapport de la chambre territoriale des comptes concernant le GIP
PIECE JOINTE n° 2
Compte-rendu d’un entretien tenu avec Maître J.D.A., avocat Philippe Couraud a sollicité un entretien avec Maître J.D.A, avocat, qui travaillait avec Jean-Pascal Couraud au moment de sa disparition. La rencontre a lieu le lundi 19 février 2007, dans le bureau de Philippe Couraud, au service de l’urbanisme, durant quinze minutes à peine. Maître J.D.A. confirme l’étroite collaboration professionnelle qui existait entre Jean-Pascal Couraud et lui sur plusieurs affaires juridiques et plaintes déposées à l’encontre de Gaston Flosse dans les années 1996-1997. Il confirme notamment, en ayant reçu explicitement mandat avant sa disparition, la plainte qu’il avait déposée au nom de Jean-Pascal Couraud en mars 1998 dans l’affaire du Tahara’a dans laquelle G. Flosse fut finalement condamné en 2006 pour prise illégale d’intérêt. Il mentionne également l’existence de comptes bancaires que Flosse et un autre homme politique français (Jacques Chirac) possèdaient dans une même banque au Japon. Il indique qu’en 1997, il disposait d’informations fiables émanant de personnes travaillant au sein d’une importante entreprise perlicole, relatives à des transferts financiers effectués vers le Japon, sur le compte de cet autre homme politique. Il avait rédigé une fiche sur cette affaire. Jean-Pascal Couraud disposait de ce document. Maître J.D.A. indique qu’à la même époque, qu’il qualifie de « très chaude », il avait été cambriolé et son disque d’ordinateur volé ; on avait également tenté de l’acheter, en vain. Puis il fut progressivement suivi en permanence de manière ostensible. Il chercha alors à se renseigner auprès de connaissances proches du milieu des services secrets sur la nature exacte du problème qu’il posait, il cite l’entourage de Focart et de diverses personnes intervenant dans le monde politique. L’ami avocat qui était alors son intermédiaire, lui indiqua que « s’il poursuivait ses investigations sur ces transferts comptables, il serait mort ». Maître J.D.A. décidait alors, soucieux de protéger sa femme et sa famille, de laisser effectivement tomber le combat qu’il menait. Les intimidations cessèrent. Maître J.D.A. considère aujourd’hui que l’essentiel consistait à contrôler les gens détenteurs de ce type d’informations sensibles. Jean-Pascal Couraud étant considéré comme incontrôlable, il devait à ce titre les inquiéter sérieusement. Maître J.D.A. évoque également un possible excès de zèle commis par des gens voulant se faire bien voir. L’origine de l’interrogatoire – assassinat de Jean-Pascal Couraud en fin d’année 1997 serait donc liée directement à la protection du Président de la République de l’époque. Dans cette hypothèse, les agents du futur GIP auraient été fort maladroitement utilisés par des personnes travaillant dans le cadre de ces missions de protection, cherchant au départ à connaître les éléments dont Jean-Pascal Couraud disposait effectivement qui aurait pu compromettre la carrière de cet homme politique.
PIECE JOINTE n° 3 Article du journal Libération en date du 26 juin 2007 C’est un refus en forme d’aveu. L’affaire Clearstream, dont Jacques Chirac disait ne rien connaître, est peut-être la plus embarrassante pour lui. C’est ce que l’on peut déduire du communiqué diffusé par l’ancien président de la République vendredi. Chirac a annoncé avoir écrit aux juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons pour les informer de son indisponibilité à témoigner : l’article 67 de la Constitution stipulant qu’un Président n’est «pas responsable des actes accomplis en cette qualité». Il reconnaît ainsi implicitement avoir joué un rôle dans l’affaire Clearstream. Un an après avoir mis en examen les deux promoteurs de la supercherie (Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin), six mois après avoir entendu les deux ministres informés (Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie), il était temps pour les juges d’avoir le son de cloche de l’Élysée, et de ce quasi-anonyme qui apparaît si souvent dans les carnets du général Rondot : le «PR». Le président de la République. Celui qu’il fallait «protéger». Celui qui ne devait pas «apparaître». Celui qui risquait de «sauter» à cause de l’affaire. Listings falsifiés. Le témoin s’esquive au moment où les juges s’interrogent sur l’histoire de son compte présumé au Japon. Les cadres de la DGSE rendus responsables - en 2002 - de la rumeur puis de «l’affaire japonaise» se sont retrouvés sur les listings falsifiés de Clearstream. Gilbert Flam, magistrat détaché, ancien responsable des affaires réservées de la DGSE, et Alain Chouet, ancien chef du bureau de sécurité, sont partie civile dans l’affaire. «Vous retrouvez dans les listings toutes les personnes suspectées d’avoir joué un rôle dans la transmission des informations sur le président de la République», fait re marquer un ancien des services spéciaux. Entendu comme témoin assisté, les 22 mai et 11 juin derniers, Philippe Rondot a une nouvelle fois certifié avoir agi sous l’autorité du Président. «A la fin de cette réunion [ndlr : le 9 janvier 2004] , je suis reparti en me sentant investi d’une mission présidentielle, qui m’avait été confiée par l’intermédiaire de M. de Villepin, c’est ce que j’ai compris», a relaté Rondot - ainsi que l’a rapporté Paris Match . En décembre, Villepin l’avait nié. Convaincu d’avoir «mis au jour une structure intéressante» grâce au travail de sa «source», Rondot vérifiait les listings. D’un peu loin. Inquiet quand même d’agir sans en référer à la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. «Dans le passé, j’avais été précédemment sollicité pour l’affaire japonaise, a expliqué Rondot, à la différence qu’à l’époque, mon ministre, M. Alain Richard, en avait été averti par le président de la République en même temps que moi.» Rondot appelait cette première «mission» «l’affaire du Président». En août 2001, Bernard Coquart, un ancien chef du «bureau message» de la direction du renseignement, dénonce à l’Élysée «le détournement de la mission du service au profit des enquêtes politiques» depuis 1997. Et surtout «des enquêtes au Japon à l’encontre du président de la République effectuées par Gilbert Flam». L’Élysée voit rouge. Sous l’œil de Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l’Élysée, Rondot est reçu par Chirac. «Il n’était pas anormal qu’un service de la DGSE vérifie un certain nombre de choses sur des personnalités, y compris le chef de l’État, explique un officier. Mais des responsables ont été court-circuités. L’Élysée s’est fâché contre Jean-Claude Cousseran [patron de la DGSE, ndlr].» La présidentielle est en vue. «Pour qui et pour quoi roule M. Flam ?» s’interroge alors Rondot. Dans un rapport du 21 janvier 2002, la DGSE explique que tout est parti de la Tokyo Sowa Bank et de son sulfureux patron, Shoichi Osada. «S’agissant de la personnalité du président de la République, elle apparaît dans le compte-rendu d’une source japonaise», note la DGSE. En 1997, le chef de poste de Tokyo a «consigné des éléments rapportés en brut car non recoupés ou vérifiés», récupérés d’une source, Jambage. Y figurent la mention d’un «compte ouvert au nom de Chirac» et le montant du dépôt : «environ 300 millions de francs». Le tuyau restera «non recoupé». Sanctions. Mais dès le lendemain de la présidentielle en 2002, Gilbert Flam doit quitter la DGSE. Alain Chouet, numéro 2 de la direction du renseignement aussi. Et bien sûr, le patron, Jean-Claude Cousseran. L’Élysée croit savoir que des infos remontaient au cabinet Jospin, à Matignon. «A l’époque, il y a trois sujets sur Chirac, confie un ancien des services. Les liens avec Rafic Hariri, l’enfant naturel au Japon, et le compte au Japon.» Les sanctions pleuvent. Le capitaine Coquart, lui, reçoit l’ordre national du mérite, sur intervention de Chirac. Coïncidence, les noms de Flam et Chouet apparaissent un an après sur les listings de Cleastream. Le falsificateur est trop bien informé. Il renvoie l’ascenseur. Mais Rondot ne s’en étonne pas. Il note : «Je poursuis mes investigations à partir de l’affaire japonaise», et aussi : «cibler Flam, sans doute parti avec des documents» . Le 22 mai dernier, le général s’est dit finalement «certain que Flam est resté dans son rôle dans le cadre de cette affaire japonaise» .
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