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Pourquoi avoir créé un comité de soutien
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Françoise
Dreuilhe, André Couraud, Comité
de soutien pour la réouverture de l’enquête et la recherche de la vérité
sur la disparition de
Jean-Pascal Couraud BP
140426 Arue, Tahiti Papeete, le 10 Décembre 2004
Lettre
ouverte à Monsieur le Garde
des Sceaux P.j. : Plainte contre x pour assassinat et complicité en date du 10 décembre 2004
Lettre
ouverte à Monsieur Deby, procureur général, en date du 23 novembre 2004
Nous avons l’honneur de vous
transmettre ci-joint copie d’une plainte pour assassinat et complicité déposée
le 10 décembre 2004 auprès du doyen des juges d’instruction du Tribunal de
Papeete (Polynésie française) et copie d’un courrier adressé par le Comité
de soutien pour la réouverture de l’enquête et la recherche de la vérité
sur la disparition de Jean-Pascal Couraud au procureur général auprès de la
cour d’appel de Papeete. Nous souhaitons vous faire part de
notre profond étonnement devant le refus opposé jusqu’à présent par M.
Bianconi, procureur de la République, et M. Deby, procureur général, à la ré
ouverture de l’information concernant la disparition de Jean-Pascal Couraud,
notre fils, frère et ami, information qui avait été ouverte suite à une
plainte pour enlèvement et séquestration déposée le 12 janvier 1998,
quelques jours après cette disparition. En effet, dés qu’il a eu
connaissance des déclarations de Vetea Guilloux relatant les tortures et
l’assassinat de cet ancien journaliste par des employés du Groupement
d’intervention de la Polynésie (GIP), service administratif placée sous
l’autorité de la Présidence du Gouvernement de la Polynésie française, le
procureur de la République, Monsieur Bianconi, n’aurait-il pas dû, de sa
propre initiative, demander la réouverture de cette information plutôt que
d’ordonner la comparution immédiate de Vetea Guilloux devant le tribunal pour
dénonciation mensongère et dénonciation calomnieuse ? Et ce d’autant plus
que le juge d’instruction saisi de notre plainte pour enlèvement et séquestration,
avait omis de statuer sur cette dernière quand il avait clôturé son
information. Comment pourrions-nous accepter un
tel refus lorsque le procureur général lui-même reconnaît désormais que des
écoutes téléphoniques et des filatures étaient très probablement mises en
œuvre illégalement par des employés de ce même service à l’encontre de
Jean-Pascal Couraud au moment de sa disparition ? Comment pourrions-nous accepter un
tel refus lorsqu’il apparaît que les accusations précises et circonstanciées
de torture et d’assassinat de ce journaliste, proférées par Vetea Guilloux
à l’encontre de deux de ses collègues éclairent d’un jour nouveau et
malheureusement fort plausible, une affaire restée jusqu’à ce jour sans véritable
explication ? Le procureur de la République et le
procureur général de Papeete font valoir aujourd’hui que la procédure de
comparution immédiate contre Vetea Guilloux étant toujours pendante devant la
Cour, il n’est pas possible de se prononcer sur la véracité de ses déclarations
concernant l’éventuel assassinat de Jean-Pascal Couraud, de sorte que, selon
eux, ces déclarations ne sauraient être considérées comme charges nouvelles
motivant la réouverture de l’information initiale, pourtant irrégulièrement
clôturée. Au contraire, nous estimons pour
notre part que tant que la Cour n’a pas statué définitivement sur le caractère
mensonger des déclarations de Vetea Guilloux mis en cause pour « dénonciations
calomnieuses », les déclarations de ce dernier, présumé innocent,
concernant la disparition de notre fils, frère et ami, constituent bel et bien
des charges nouvelles au sens de l’article 190 du Code de Procédure pénale. Le refus du procureur de rouvrir
cette enquête en dépit de l’extrême gravité des faits supposés et alors même
que la loi l’y oblige, est pour nous d’autant plus grave et choquant qu’il
est en fait uniquement motivé par la crainte des retombées que pourrait avoir
cette ré ouverture dans le contexte de la crise politique que connaît
actuellement la Polynésie française, craintes ouvertement évoquées auprès
de la famille de Jean-Pascal Couraud par Monsieur Deby lui même, procureur général
près la cour d’appel de Papeete. Ainsi, le Ministère public n’apparaît
plus aujourd’hui comme le garant de l’application de la loi, mais plutôt
comme un rempart destiné à éviter les effets jugés potentiellement néfastes
que celle-ci pourrait avoir dans l’opinion publique, en s’opposant au déroulement
normal d’une procédure d’information devant être conduite suite à la révélation
de faits criminels. Ce refus insupportable nous
contraint aujourd’hui à déposer une nouvelle plainte contre x avec
constitution de partie civile entre les mains du Doyen des juges d’instruction
de Papeete, des chefs d’assassinat et complicité. Nous gardons à ce jour
l’espoir que cette nouvelle plainte permettra la reprise rapide d’une
instruction sur les conditions de la disparition de Jean-Pascal Couraud et sur
les implications possibles de membres du GIP dans cette disparition. Dans ce contexte douloureux, vos récentes
déclarations sur le devoir de justice de l’institution que vous représentez
vis à vis de chaque citoyen nous ont interpellé. Nous nous adressons donc
aujourd’hui à vous, monsieur le Garde des Sceaux, en espérant que le souci
de rechercher sans délai toute la vérité sur une mort dont les causes
pourraient être criminelles, prendra le pas sur toute autre considération et
vous conduira à donner, sans tarder, aux autorités judiciaires compétentes
les instructions qui s’imposent et que leur dicte la loi. Dans l’attente de votre réponse,
et confiant dans votre volonté de faire appliquer la loi dans le seul souci de
justice et de vérité, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Garde des
Sceaux, l’expression de notre parfaite considération.
Pour tous les membres de la famille
de Jean-Pascal Couraud,
Pour
le Comité de soutien
pour la réouverture de l’enquête et la recherche de la vérité sur la
disparition de
Jean-Pascal Couraud ,
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