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Pourquoi avoir créé un comité de soutien
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La
création du comité de soutien décidée au début du mois de novembre 2004
Jean-Pascal
Couraud est un ancien journaliste connu en Polynésie française sous le nom de
JPK, rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti de 1986 à 1988, puis de 1991 à
1997, chargé de communication auprès de Boris Léontieff avec qui il menait un
combat politique farouche contre le Tahoera’a huira’atiraa et son président
Gaston Flosse. Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, Jean-Pascal disparaît
brutalement et définitivement de son domicile dans des conditions qui n’ont
jamais pu être établies avec certitude, malgré l’enquête judiciaire et
l’enquête de gendarmerie menées à l’époque.
Le
5 octobre 2004, Vetea Guilloux, salarié du groupement d’intervention de la
Polynésie (GIP), établissement placé sous la tutelle de la présidence du
gouvernement de Polynésie française, déclare à un ministre du gouvernement
de la Polynésie française : 1-
avoir été
lui-même en charge d’une filature et d’un espionnage en règle de
Jean-Pascal Couraud dans la période précédant sa disparition intervenue dans
la nuit du 15 au 16 décembre 1997, au sein d’une équipe placée sous la
direction d’un ancien responsable de la DGSE nommément désigné ; 2-
avoir
participé au sein d’un commando de 5 personnes, dont deux de ses collègues
nommément désignés, tous salariés du GIP (service placé sous l’autorité
de la Présidence du gouvernement de la Polynésie française), à l’enlèvement
de Jean-Pascal Couraud, mentionnant ensuite des faits de torture et, après en
avoir reçu l’ordre par téléphone, des faits d’assassinat.
Lors
de son interrogatoire par les gendarmes plus d’une semaine après, Vetea
Guilloux a maintenu ces mêmes déclarations de torture et d’assassinat, mais
a avoué seulement en avoir reçu le récit par ses deux collègues lors d’une
soirée arrosée. Puis, il s’est rétracté au milieu de la deuxième nuit de
garde à vue, épuisé et apeuré face à ses collègues qu’il venait de dénoncer.
Sans même en avoir informé le juge chargé à l’époque de l’enquête sur
cette disparition et
qui n’avait pas encore clôturé officiellement le dossier, le procureur de la république a fait procéder aussitôt au
jugement de Vetea Guilloux en comparution immédiate, celui-ci étant assisté
d’un avocat désigné deux heures avant l’audience. Le 14 octobre 2004,
moins de 48 heures après son arrestation, Vetea Guilloux a été condamné pour
dénonciation mensongère et calomnieuse à un an de prison dont neuf mois avec
sursis. Dés le lendemain de son jugement, Vetea
Guilloux a réitéré ses déclarations initiales et a déclaré être revenu
sur ses propos devant les gendarmes par peur et par fatigue. Il a donc maintenu
l’ensemble de ses déclarations en
audience d’appel du 4 novembre 2004. Confrontée à la gravité de ces accusations,
et constatant que malgré quelques incohérences, le scénario de l’assassinat
décrit par Vetea Guilloux restait malgré tout une hypothèse plausible, la
famille de Jean-pascal Couraud, constituée auprès d’un avocat, et appuyée
par l’association Reporter sans frontières, a bien sûr sollicité dés le 3
novembre 2004 la réouverture de l’enquête pour faits nouveaux auprès du
procureur de la république. Cette demande de ré ouverture pour charges
nouvelles était
alors rejetée. Dans l’attente du jugement devant être
rendu le 18 novembre, choqués par l’attitude du procureur de la république,
la famille et les amis de Jean-Pascal Couraud qui souhaitaient se réunir et
s’associer dans cette épreuve, ont créé le vendredi 12 novembre 2004 un
comité de soutien dans le but d’obtenir la réouverture de l’enquête
relative aux conditions de la disparition de JPK et d’obtenir la vérité sur
les circonstances et les causes de cette disparition.
En
effet, de l’aveu même du ministère public, il était alors devenu évident
que la situation de crise politique que traversait la Polynésie française
allait constituer un obstacle majeur à la recherche de la vérité. Selon le
procureur général, enquêter sur un assassinat possible d’un opposant
politique notoire par des employés du GIP, aurait immédiatement été interprété
par l’opinion comme une confirmation de cet assassinat.
Parallèlement à l’action judiciaire qui devait se poursuivre, il était donc devenu
essentiel de rappeler avec force aux institutions le devoir de justice et de vérité
dû à chaque citoyen indépendamment de toute autre considération, surtout
s’agissant de faits pouvant être criminels. L’existence d’un comité de
soutien réunissant famille et amis a facilité la mobilisation des media et de
l’opinion. Cette réouverture de l’enquête
devait également
permettre de reprendre le travail d’investigation visant à déterminer plus
précisément le déroulement de la dernière soirée de Jean-Pascal Couraud à
son domicile. En effet, l’enquête menée d’abord par la gendarmerie puis
par le juge d’instruction n’avait jamais réussi à lever les doutes
importants qui avaient toujours subsisté à ce sujet. Le
rôle du comité Constitué juridiquement en association, le comité de soutien peut
engager en son nom à toute action utile auprès de l’institution judiciaire
ou de toute autre administration visant à atteindre les buts qu’il s’est
fixé. La forme associative permet par ailleurs à toute personne désirant
soutenir la démarche de se joindre à la famille et aux amis de Jean-pascal
Couraud et de manifester ce soutien par l’adhésion formelle à
l’association. Les responsables du comité de soutien s’engagent à tenir informées
les membres du comité au fur et à mesure du déroulement des évènements.
Pour ce faire, un site a été créé, régulièrement mis à jour du déroulement
des procédures en cours et de l’enquête conduite. Il accueille également
les démarches d’adhésion au comité. Le comité de soutien a été créé
le vendredi 12 novembre 2004 lors d’une assemblée générale constitutive. Le
bureau directeur désigné lors de cette réunion sont les suivants : Président
Philippe Couraud Secrétaire
Dominique Morvan Trésorier
Eric Monod Assesseur
Rémy Cuitot La cotisation d’adhésion au comité de soutien est fixé à 1000 fcp ou 10 euros.
Comité de soutien pour
la recherche de la vérité sur la disparition de JPK BP 4106
– 98728 Vaiare MOOREA POLYNÉSIE FRANÇAISE |