
L'affaire JPK - soutienjpk.org
L'affaire JPK
Polynésie La 1ère le 21 août 2026
On vous signale le documentaire vidéo de 50 mn publié par
Max Bellona sur youtube.
Outre-mer la 1ere - décembre 2024
L’affaire JPK
Septembre 2026
Une étape importante vient d’être franchie avec l’avis de fin d’information émis par la juge
Mathilde PANICII le 4 août 2026, près de 29 ans après les faits
Journaliste de 1983 à 1988, puis chargé de communication auprès d’hommes politiques opposés à Gaston Flosse de 1988 à 1997, Jean-Pascal Couraud disparaît définitivement à l’âge de 37 ans dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997.
Le volumineux dossier constituée suite à l’enquête réouverte il y a 20 ans, en décembre 2004, nous amène à conclure qu’il a été victime d’un meurtre ou d’un assassinat commis par plusieurs membres d’une milice constituée au sein d’un service de l’administration polynésienne, car il disposait d’informations jugés sensibles sur les affaires de Gaston FLOSSE, et sur un financement possible de Jacques CHIRAC via le Japon. L’enquête révèle également que la DGSE, qui avait mis à disposition auprès du gouvernement de la Polynésie française un de ses agents à partir de juin 1997, était parfaitement informée de cette affaire.
Jean-Pascal COURAUD est devenu un opposant à Gaston Flosse et a commencé à agir ouvertement en ce sens en 1985, deux ans après le début de ses activités professionnelles au sein du quotidien “Les Nouvelles de Tahiti”, en tant que journaliste, puis rédacteur en chef. Il se fait rapidement connaître et signe ses articles sous les initiales JPK. En désaccord sur la ligne politique du journal, il est licencié en avril 1988 par ses propriétaires. Jean-Pascal continue ensuite ses investigations, en marge de ses activités professionnelles au service des opposants politiques de ce dernier, notamment celles qu’il exercera comme chargé de communication de Boris Léontieff à la mairie d’Arue, de 1994 jusqu’à sa disparition en décembre 1997. Il disposait toujours d’une carte de presse l’année précédent sa disparition.
A partir de l’année 1996, Jean-Pascal travaille étroitement avec un avocat également engagé professionnellement contre Gaston Flosse ; ils partagent alors des informations sur plusieurs dossiers compromettants et potentiellement sensibles, dont certains mentionnant des personnalités politiques françaises de premier plan.
Se sachant suivi et menacé, cet avocat rédige une note sur les affaires dans lesquelles celui-ci est impliqué. Cette note est subtilisée par un tiers et vendue en août 1997 au Service d’études et documentation (SED), service tout juste créé par le président Gaston Flosse. Un agent de la DGSE est mis à disposition du gouvernement Polynésien et placé à la tête de service, avec un objectif avoué de surveillance de ses opposants politiques.
Grâce à cette note, le SED connaît ainsi les dossiers sur lesquels Jean-Pascal Couraud est susceptible de se mobiliser. Connu pour être un élément incontrôlable, la possession de ces informations fait de lui un homme dangereux pour le pouvoir en place. Une filature de Jean-Pascal COURAUD par les agents du SED débute alors en novembre 1997 jusqu’à sa disparition définitive survenue à son domicile de Te maru ata dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997.
La famille est tout de suite orientée vers un suicide sur la base d’éléments très succincts et peu fiables. Deux des proches de Jean-Pascal, son épouse et l’amant de celle-ci au moment des faits, mentent aux enquêteurs et à la famille. Des zones d’ombre et des doutes jamais levés sur le déroulement de la dernière soirée apparaissent.
C’est pourtant cette hypothèse d’un suicide que la famille de Jean-Pascal finit par retenir faute d’autres pistes et fautes d’enquête véritable menée par les gendarmes. Le juge TALLIERCIO saisi d’une plainte pour enlèvement et séquestration 3 semaines après les faits, ne procède pas non plus ni aux investigations ni aux garde sà vue nécessaires. L’enquête se concentre sur les mensonges avérés de l’épouse de Jean-Pascal, mais n’aboutit à aucune explication quant à la disparition de Jean-Pascal Couraud. Le juge d’instruction ne clôture pas l’enquête mais celle-ci est au point mort.
En octobre 2004, quelques mois après la défaite électorale et la perte de pouvoir de Gaston Flosse, un agent du Groupement d’intervention de Polynésie (GIP) accuse deux de ses collègues d’avoir commis un meurtre sur la personne de Jean-Pascal Couraud, sur l’ordre de leur chef. Moins de 2 semaines après que ces révélations aient été publiées dans la presse, sans même saisir le juge en charge de l’enquête, le procureur de la république fait condamner pour dénonciation mensongère et calomnieuse à une peine de prison ferme, celui qui dénonçait en réalité un crime.
En décembre 2004, la famille de Jean-Pascal Couraud fait alors un nouveau dépôt de plainte pour assassinat et complicité et parvient à lancer une nouvelle enquête judiciaire qui se déroule dans des conditions très difficiles.
En juillet 2007, malgré les nombreux témoignages à charge, le juge STELMACH émet un avis de fin d’instruction, suivi 3 mois après par un réquisitoire de non-lieu rédigé par le parquet, qui n’a qu’un souhait, clore le dossier. Mais l’arrivée de Nicolas SARKOZY à la présidence de la République en mai 2007 semble devoir changer la donne.
En novembre 2007, la famille obtient ainsi la reprise de l’instruction et un nouveau juge d’instruction, est désigné en la personne de Jean-François REDONNET. Il fait verser au dossier plusieurs enquêtes sur des affaires dans lesquels est impliqué Gaston FLOSSE. Une perquisition est effectuée au siège de la DGSE et plusieurs documents sont saisis et versés au dossier. D’autres pièces seront transmises par la suite. Plus de 15 agents de la DGSE sont auditionnés sous X. Une perquisition est effectuée chez l’un deux pour y saisir d’autres pièces dont copie d’un rapport qui avait été transmis à la présidence de la République. Parmi toutes les pièces versées au dossier, 15 pièces resteront malgré tout classées “secret défense”.
La possession par Jean-Pascal d’informations très sensibles concernant des faits de corruption et de détournement de fonds publics à l’origine des financements du patrimoine immobilier de Gaston Flosse et d’éventuels transferts de fonds vers le Japon pour alimenter un compte bancaire ouvert au nom de Jacques Chirac est progressivement identifié comme le mobile des filatures dont Jean-Pascal avait fait l’objet durant les 2 mois ayant précédé sa disparition définitive .
Le gros travail d’enquête réalisé de 2008 à 2013 pendant plus de cinq ans, permet ainsi de réunir progressivement de très nombreux indices, très significatifs, tous concordants, dont nombreux ont pour origine les aveux faits en privés auprès de leurs proches, dans diverses circonstances et auprès de nombreux témoins, des deux agents du GIP accusés par Vetea Guilloux, agissant aux ordres de leur chef.
La complicité des proches, qui s’enferment dans leurs mensonges et leurs incohérences quant au déroulement de la soirée, apparaît par ailleurs de plus en plus probable.
En juin 2013, neuf ans après le 2ème dépôt de plainte, une première mise en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre en bande organisée est alors prononcée par le juge REDONNET à l’encontre de Tino MARA, Tutu MANATEet Rere PUPUTAUKI
En août 2013, la juge Edwige BIT est nommée au départ de Jean-François Redonnet.
En août 2014, le motif des mises en examen est requalifié «des chefs d’enlèvement séquestration sans libération avant le 7ème jour, suivi de la mort de la victime, en bande organisée ».
En janvier 2015, la cour de cassation annule des écoutes téléphoniques réalisées aux domiciles des mis en examen, qui apportaient de nombreux éléments à charge.
Début 2016, un nouveau chef d’enquête chevronné, le colonel ATGER, est saisi de l’affaire. Celui-ci privilégie une approche différente du dossier focalisant en partie ses investigations autour des proches de Jean-Pascal. Tout au long de son enquête, il développe l’hypothèse que leurs mensonges serviraient à couvrir une altercation entre Jean-Pascal et Francis STEIN, amant de son épouse, qui se serait produit à son domicile la nuit de sa disparition et qui aurait provoqué sa mort.
Prés de trois ans après, en juin 2019, Miri TATARATA, l’épouse de Jean-Pascal, et Francis STEIN, son amant et compagnon de route politique de Jean-Pascal aux côtés de Boris LEONTIEFF, sont de nouveau interrogés sous le régime de la garde à vue. Au fil des auditions, les soupçons de mensonges concernant leur emploi du temps et le déroulement de la soirée se sont confirmés. A l’issue de cette garde à vue, Miri TATARATA et Francis STEIN sont mis en examen et leur mise en détention provisoire est sollicitée par le procureur auprès du juge de la détention et des libertés qui refuse cette incarcération.
La famille de Jean-Pascal reste convaincue quant à elle, au vu des éléments du dossier d’une part et de tous les éléments de contexte qui n’y figurent pas, que ces mensonges couvrent en réalité une complicité avec les agents de la Flottille administrative, Miri TATARATA et Francis STEIN ayant participé à la mise en scène du suicide. Il faut sur ce point comprendre qu’à cette époque, l’entourage de Gaston FLOSSE, notamment l’agent de la DGSE placé à la tête de ce Service d’études et de documentation mentionné ci-dessus, mettait beaucoup d’énergie à « retourner » en sa faveur ses opposants déclarés.
En septembre 2020, la Chambre de l’instruction confirme ces mises en examen. Francis STEIN parvient, pour ce qui le concerne, à faire casser cet arrêt de la Chambre de l’instruction et en octobre 2022, la Chambre de l’instruction est de nouveau appelé à se prononcer et confirme, pour la 3ème fois, la mise en examen de Francis STEIN.
A cette date, cinq des principaux protagonistes impliqués dans les faits ayant conduit à la disparition définitive de Jean-Pascal COURAUD et à son maquillage en un suicide sont donc désormais mis en examen de manière définitive.
Mais alors que l’on espérait que le juge Frédéric VU qui avait procédé à ces mises en examen, effectue les derniers actes nécessaires pour clore officiellement l’instruction, celui-ci est muté d’office pour motif disciplinaire par le Conseil supérieur de la magistrature.
A partir de novembre 2022, le juge Laurent MAYER, est désigné pour le suivi de ce dossier. Deux ans après, juste avant de quitter ses fonctions, il reconnaît ne pas avoir pu faire progresser l’instruction car les moyens supplémentaires sollicités ne lui ont jamais été accordés. Deux années se sont ainsi écoulés sans aucune avancée.
En décembre 2024, la famille doit de nouveau alerter les media et dénonce un véritable déni de justice face à l’inaction de l’institution judiciaire dans un dossier où cinq personnes ont été mises en examen, certaines depuis plus de dix ans.
Cette prise à témoin de l’opinion est suivi d’effet et peu après, des moyens supplémentaires sont accordés à Mathilde PANICII, la nouvelle juge désignée en fin d’année 2024 qui reprend les auditions à partir du milieu d’année 2025 et se donne un délai d’un an pour terminer l’instruction.
Le 10 juin 2025, puis le 30 juin 2026 en présence de James LAU, avocat de la partie civile, Gaston FLOSSE est enfin entendu. A 96 ans, Gaston FLOSSE utilise l’oubli pur et simple pour ne répondre à aucune des questions les plus gênantes bien qu’il ait encore gardé une bonne mémoire et une lucidité d’esprit.
Le 4 août 2026, quelques jours après cette dernière audition, plus de 28 ans après les faits, la juge émet un avis de fin d’information comme elle l’avait indiqué.
La partie civile et les autres parties ont donc désormais trois mois pour solliciter d’éventuels actes complémentaires, à l’issue desquels le parquet rendra son réquisitoire. La juge devrait alors prendre une ordonnance de renvoi devant une cour d’assises, qui est l’issue la plus probable envisagée pour le moment à la vue du dossier d’enquête.
5- Pièces de la procédure
Nos réponses à Francis Stein